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Inondations: "Certaines communes manquent d'expertise en gestion de crise" selon les experts

 11 octobre 2021 17:17  |   Baelen - Eupen - Jalhay - Limbourg - Olne - Pepinster - Spa - Theux - Verviers


Au lendemain des terribles inondations qui ont frappé notre région, le ministre wallon des Infrastructures Philippe Henry commandait une analyse indépendante sur les événements. Ce 11 octobre, le rapport sur le déroulement des faits et les décisions prises par les différents acteurs a été présenté. Selon les experts suisses et l’université de Liège, le barrage d’Eupen a rempli son rôle. Par contre, ils pointent du doigt la gestion du risque dans certaines communes, leurs problèmes de communication avec les citoyens mais aussi l’urbanisation importante sur les berges de la Vesdre. 

Le barrage d’Eupen a rempli son rôle lors des inondations. Sans lui, la situation aurait été encore plus catastrophique dans la vallée de la Vesdre. C’est une des conclusions de l’analyse indépendante commandée par le ministre wallon des Infrastructures Philippe Henry. Depuis la mi-juillet, le barrage était incriminé.

« Les gestionnaires du barrage d’Eupen ont fait ce qu’il fallait faire sur la base des documents qu’ils avaient à leurs dispositions, soutient Thomas Michaud, chef de projet chez Stucky. La situation des barrages de Robertville et de Bütgenbach est totalement différente dans le sens où il a plu deux fois moins que sur le bassin versant de la Vesdre donc comparaison n’est pas aisée. Maintenant, leur mode de gestion est un peu différent. Il y a eu des lâchers préventifs en anticipation mais c’est conforme à leurs modes de gestion ».

"Les vagues" pas liées à la gestion du barrage

De nombreux sinistrés ont pourtant fait part d’un phénomène de « vagues ». Selon la société suisse Stucky, leader international dans le domaine des grands barrages, le lien de ces vagues avec gestion du barrage n’est pas démontré. Des pics de précipitations et de débits ont par contre bien été observés. D’importants bouchons au niveau des ponts pourraient aussi expliquer le phénomène.

Peu de plans communaux pour faire face aux inondations

Si le rapport dédouane les gestionnaires du barrage eupenois, il met en cause la gestion des inondations et des crises, en général, par certaines communes : pas ou peu de formation en la matière, mauvais fonctionnement des cellules de crise, problème de communication avec ses citoyens car méconnaissance de l’outil beAlert et peu d’utilisation des réseaux sociaux.

« Il faut que les communes investissent à la fois pour avoir des plans inondations, c’est-à-dire identifier les zones les plus à risques et aussi de savoir comment travailler. Donc, comment vont-ils travailler avec les services de police, les services d’urgences ? Où va-t-on regrouper si on évacue une MRS (NDLR: Maison de Repos et de Soins)? Etc. Donc, ça, ce sont des plans très importants. Chaque MRS est sensée faire ce genre de plan si jamais il y a une inondation mais la commune doit aussi développer ses plans pour gérer son territoire.  Et ça, beaucoup de communes ne le font pas face au risque inondation alors que dans le cas d’une vallée de la Vesdre, il faut en disposer», signale Catherine Fallon, professeur à l’université de Liège et responsable du centre de recherche SPIRAL.

Pour cette professeure, faire ce plan permet de créer un réseau d’experts de l’urgence qui, en cas de crise, sera efficace immédiatement.

Les constructions dans les zones inondables pointées du doigt

Les constructions sur les berges de la Vesdre voire sur l’emprise du cours d’eau sont aussi pointées du doigt dans le rapport. Un rapport rendu public. Le ministre wallon Philippe Henry l’a souhaité ainsi. Tout comme il souhaite en tirer des enseignements pour l’avenir. Mais l’analyse le démontre aussi : ces événements extrêmes sont très difficiles à prévoir. Les deux modèles météo avaient d’ailleurs tous les deux sous-estimé les précipitations.

"Ici, on n’est même pas capable de dire jusque quand remonte un phénomène de cette ampleur. On sait que c’est largement au-delà de 100 ans, on ne sait pas combien. Donc, forcément, il faut que nos modèles désormais intègre cette difficulté-là, indique le ministre wallon Philippe Henry. Maintenant, nous devons aussi trouver la manière de combiner les risques puisque nous devons aussi gérer les risques de sécheresses, nous ne pouvons pas évacuer les communes tous les deux jours donc c’est très difficile d’intégrer des situations de phénomènes extrêmes comme ceux-là mais cela fait partie, bien entendu, des réflexions qui doivent se faire suite au rapport".

Le deuxième volet de cette étude indépendante donnera des recommandations pour adapter les systèmes pour le futur. Il devrait être disponible mi-novembre.

(Aurélie Michel)








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