Le passage à la nouvelle année rime aussi avec la réforme du chômage. À quelques jours du 1er janvier, date officielle du début de cette réforme, les CPAS se préparent à accueillir les personnes qui n'auront plus droit à leurs allocations de chômage.
Que cela soit dans une grande ville comme Verviers ou dans une plus petite commune comme Trois-Ponts, les problématiques et les incertitudes sont similaires.
670 nouvelles personnes
À Verviers, c'est dans des anciens bâtiments d'archives du numéro 82 de la rue de Pepinster que les bureaux d'accueil du CPAS ont été relocalisés afin de pouvoir accueillir un maximum de personnes. On y trouve 5 bureaux de permanence dans lesquels les membres du personnel ont déjà accueilli une septantaine de personnes depuis le début du mois. "On a voulu être assez proactif pour éviter au maximum le rush de début d'année", évoque Gaëlle Denys, présidente du CPAS de Verviers. "On a commencé nos premiers rendez-vous au 1er décembre pour que les gens puissent déjà venir apporter des documents, poser leurs questions et faire part de leurs inquiétudes. Ce dont les gens s'inquiètent surtout, c'est de savoir s'ils auront un autre type de revenu à la place de leurs allocations de chômage actuelles. Or, ce n'est pas automatiquement le cas, car ce sont deux législations différentes".
"Beaucoup sont très éloignés du marché de l'emploi, donc penser qu'ils vont directement trouver un travail est illusoire"
Malgré cette bonne préparation, le CPAS s'attend à un afflux massif de personnes en début d'année. Jusqu'à présent, le CPAS accueillait en moyenne 2.250 personnes par an. Avec cette nouvelle réforme, ce sont théoriquement 670 nouvelles personnes qui vont arriver d'ici 2027, soit une hausse de presque 30%. "Il faut noter que parmi les premiers exclus du chômage, beaucoup sont très éloignés du marché de l'emploi, donc penser qu'ils vont directement trouver un travail est illusoire", note la présidente du CPAS de Verviers. "Cela va amener de la tension, notamment ici, mais aussi au sein des familles, car les personnes qui vont se retrouver sans aide vont devoir se reposer sur la solidarité du ménage. On pourrait donc se retrouver dans des cas de figure où des parents dépendent de leurs enfants qui travaillent", conclut Gaëlle Denys.
"On fera ce qu'on pourra"
À Trois-Ponts, ce sont 6 nouvelles personnes qui sont attendues début janvier, alors que le CPAS en aide 30 pour le moment. Parmi ces 6 nouvelles personnes, 3 sont âgées de 60 ans ou plus, dont une est porteuse de handicap. "Les idées de réforme ne sont pas mauvaises en soi, car il faut absolument du changement. Mais nous n'avons pas beaucoup de renseignements sur la méthodologie à appliquer", indique Victorine Margrève, présidente du CPAS de Trois-Ponts. "Chaque cas sera particulier et chaque réaction sera particulière également. Donc pour ces personnes avec un certain âge ou handicapées, on fera ce qu'on pourra".
Se pose également la question de la mobilité pour remettre les personnes de Trois-Ponts au travail. La commune ne possède pas sur son territoire de grosses entreprises à la recherche d'employés. "Il faudra dépasser notre commune et aller dans celles avoisinantes, comme par exemple à Vielsalm où il y a un zoning beaucoup plus important, ou à Malmedy où se trouvent de grosses firmes de chantier qui cherchent aussi de la main-d'oeuvre", prévient Victorine Margrève.
"Il faudra dépasser notre commune et aller dans celles avoisinantes"
Bien que les CPAS se soient préparés à cette réforme et à ce qui va en découler, les prochaines semaines, voire l'année 2026 dans son entièreté, s'annoncent tendues et éprouvantes, car au total, ce sont 6 vagues successives d'exclusion du chômage qui sont prévues d'ici 2027.
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