Les autorités néerlandaises et belges ont signé un accord de coopération pour rendre le bassin de la Gueule plus résistant aux inondations. Une convention qui a réuni les pouvoirs publics locaux belges et l’agence néerlandaise pour la sécurité de l’eau.
Touché de plein fouet par les inondations de 2021, le bassin de la Gueule fait aujourd’hui l’objet d’une coopération inédite entre la Belgique et les Pays-Bas. Objectif : renforcer la sécurité face aux crues grâce à des solutions concertées et durables.
Un bassin versant sans frontières
Le bassin de la Gueule s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres carrés en Belgique et aux Pays-Bas, ainsi que sur quelques kilomètres à peine en Allemagne, là où la rivière prend sa source. Longue d’environ 50 kilomètres, la Gueule termine ensuite son parcours dans la Meuse, chez nos voisins néerlandais.
Après les inondations dévastatrices de l’été 2021, qui ont notamment frappé les villes de Valkenburg et de Meerssen, la nécessité d’une approche internationale s’est rapidement imposée. Michael Theuns, député de la province du Limbourg néerlandais, insiste sur cette évidence :
L'eau ne connaît pas de frontière, donc c'est important pour le Limbourg que l'on puisse travailler ensemble afin de retenir l'eau du côté belge si possible, du moins une partie. C'est dans notre intérêt à nous, mais aussi dans le vôtre, de pouvoir travailler ensemble dans le cadre de cette convention et donc que tous les pouvoirs locaux belges et néerlandais puissent être partenaires dans ce projet.
Une convention et des moyens financiers partagés
Cette volonté commune s’est concrétisée par la signature d’une convention de coopération entre les autorités néerlandaises, la province de Liège et les communes de Plombières, Raeren, Lontzen, Welkenraedt et La Calamine. Une convention qui marque le lancement d’un programme ambitieux de prévention des inondations et qui engage financièrement l’ensemble des partenaires comme le confirme Michelle Habets, bourgmestre de Plombières :
Il y a d'abord la province du Limbourg qui, elle, investit à concurrence de
300 000 € environ, et les communes belges investissent plus ou moins 150 000 €. On va être aux alentours de 500 000 € d'investissement dans le cadre de ce projet-ci. Ce projet peut évoluer. Dans un premier temps, on va pouvoir mettre en œuvre des études hydrologiques. Il y a donc une partie étude, mais également une partie mise en œuvre, principalement des mesures naturelles qui peuvent avoir des effets conséquents sur la robustesse du territoire.
Miser sur des solutions naturelles
Concrètement, l’heure est aujourd’hui à la modélisation de l’ensemble du bassin versant, parallèlement à un inventaire précis des sites où des actions prioritaires peuvent être menées. Côté belge, le choix s’oriente clairement vers des solutions fondées sur la nature plutôt que vers de lourds ouvrages hydrauliques.
Ces mesures incluent notamment la revégétalisation des berges, le reméandrage des cours d’eau, la perméabilisation des sols ou encore la création de zones de rétention et d’immersion temporaires. Didier Bonni, agent du développement local à Plombières, précise l’ampleur du travail réaliser :
On a 21 catégories de mesures que l'on a répertoriées. Toutes ne sont pas applicables à chaque endroit. Donc il est clair qu'on va essayer de trouver des sites sur lesquels il est possible, au moins, d'appliquer quatre, cinq, voire dix mesures pour une question aussi de maîtrise foncière. Il ne faut pas oublier que les communes ne sont pas nécessairement propriétaires de certains terrains. On doit avoir l'accord des propriétaires, ce qui demande toute une phase de négociation et de mise en confiance, que ce soit vis-à-vis du monde agricole mais aussi des propriétaires terriens en général.
Des projets concrets sur le terrain
Sur le site du Bempt, les prochains mois devraient voir la création d’une zone d’immersion temporaire, combinée à un reméandrage du cours d’eau. Les eaux d’égouttage devraient également être séparées de l’eau de source afin de limiter les risques lors de fortes pluies. Plus loin, le long du ruisseau de la Soue, autre affluent de la Gueule, des interventions similaires sont à l’étude.
Ici sur la Soue - poursuit Didier Bonni - on est vraiment sur un ancien fond de vallée qui a un peu perdu son rôle puisque, dans le cas de la construction d'un moulin, le bief a pris l'ensemble de l'eau du ruisseau. L'idée à terme sera donc de reméandrer le cours d'eau dans son lit initial qui a été délaissé depuis plus de 100 ans, mais qui, à l'avenir, pourrait retrouver une partie des eaux de la Soue.
Cette coopération transfrontalière n’en est qu’à ses débuts. La recherche de mesures coordonnées et efficaces, ainsi que le développement de modèles hydrauliques partagés, s’inscriront sur plusieurs années. À terme, ces actions menées en amont de la rivière devraient permettre de réduire significativement les risques d’inondation et de renforcer la sécurité de l’ensemble des riverains du bassin de la Gueule, de part et d’autre de la frontière.
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