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Sophie Lambert face à la Commission d'enquête inondations: des dysfonctionnements qui interpellent

 25 octobre 2021 18:09  |   Verviers


Les propos de l’échevine verviétoise Sophie Lambert ont interpellé, voire sidéré, des parlementaires de la commission d’enquête sur les inondations. Ils relèvent le peu de culture de gestion de crise de Verviers et une certaine « désorganisation ». Ce lundi soir aura lieu le conseil communal de Verviers. Nul doute que la prestation de Sophie Lambert fera débat. Elle était bourgmestre faisant fonction durant les inondations.  

C’est la première fois qu’elle s’exprime publiquement sur les inondations. L’échevine Sophie Lambert était interrogée vendredi par les députés de la Commission d’enquête parlementaire sur la catastrophe. Muriel Targnion en vacances, elle officiait comme bourgmestre faisant fonction du 10 au 15 juillet. Tous les services étaient informés de son remplacement. Mais pas le niveau provincial.

Le gouverneur n’était pas averti du remplacement de Muriel Targnion

« Le cabinet de la bourgmestre en effet n’a pas averti le gouverneur et ses services, indique l’échevine socialiste Sophie Lambert. Précédemment, ils ne l’avaient jamais fait mais à l’avenir, ils le feront ».

Elle ne reçoit donc pas le mail de la province le 14 juillet à 9h49 du déclenchement de la phase de crise. Ni celui de 19h16 le même jour qui ordonne d’évacuer de façon préventive.

"L’arrêté d’évacuation? J’ai appris son existence quelques jours plus tard par la presse"

"Il est important de souligner que j’ai appris l’existence de cet arrêté d’évacuation par hasard, quelques jours plus tard, en parcourant un article de presse sur la chronologie des faits», explique la bourgmestre verviétoise faisant fonction du 10 au 15 juillet.

Des faits, comme d’autres, qui interpellent. "Vous avez dit dans votre exposé que vers 9h40, il y a un premier mail qui est envoyé sur ces 5 adresses mail dont vous ne faites pas partie. Vous l’apprenez une heure ou deux heures après et, à ce moment-là, il ne se passe rien, en se disant: "Tiens, il faudrait peut-être prévoir un détournement de mail ou quoi?" Vu qu’à 19h, ça se repasse et là, vous n’en êtes pas du tout informée", demande la députée MR, Sabine Laruelle.

"L’organisation a l’air très, très chaotique"

D’autres s’interrogent sur le non-transfert de l’information par la directrice générale et le coordinateur PLANU, c’est-à-dire l’agent communal chargé de la gestion de crise et de la planification d’urgence, qui eux, ont bien reçu les mails.

Tout au long de la catastrophe, d’autres dysfonctionnements sont mis à jour. Sophie Lambert fait comme elle peut pour faire face.

« L’organisation a l’air très très chaotique, constate le député Ecolo Olivier Bierin. Il y a une cellule de police qui se met en place et vous l’apprenez par hasard. Il semble qu’à aucun moment, quelqu’un ne vous suggère de mettre en place une cellule de crise, il y a des informations qui ne vous parviennent pas... On a quand même le sentiment d’une désorganisation très, très fort ou d’impréparation très, très fort, dans une ville qui n’est pas une petite ville ». 

"Je suis sidéré de la façon dont vous avez été court-circuitée"

"Je suis assez sidéré d’une série d’éléments d’informations que vous nous avez communiqués. Pas nécessairement sur votre chef, mais sur la façon dont vous avez été court-circuitée, court-circuitée dans votre responsabilité mayorales dans les jours concernés", souligne le député cdH François Desquesnes.

"Je ne m’attendais pas à si peu de culture de gestion de crise"

« Je ne m’attendais quand même pas à que ce soit aussi difficile que vous l’avez exprimé et qu’il y avait si peu de culture de gestion de crise, stipule le député PS Eric Lomba. Ici, on a vraiment l’impression qu’il y a quelque chose qui ne va vraiment pas. C’est comme ça que je le ressens. Vous n’avez jamais parlé, par exemple, de la "cellule de crise"".

On lui indique qu’il n’est pas nécessaire d’évacuer

La carte des aléas d’inondations qui reprend les zones à risques ne s’est pas non plus montrée efficiente à Verviers. Les zones réellement inondées ne correspondent pas aux zones sensibles. Et puis, il y a cet avis d’experts transmis vers 19h par le chef de corps de la zone de pompiers de Verviers qui indique qu’il n’est pas nécessaire d’évacuer.

Comme le résume l’échevine socialiste : « Ce que nous sommes amenés à vivre lors de cette catastrophe dépasse totalement notre capacité d’intervention. Personne n’était préparé à subir ce déferlement d’eau ».

Pour faire la lumière sur ces dysfonctionnements et en tirer des enseignements pour l’avenir, Ecolo Verviers souhaite la création d’une commission communale spéciale inondations ainsi qu’un audit sur la gestion organisationnelle et la communication entre le collège et l’administration. Les Verts demandent également que tous les membres du Collège communal soient formés à la gestion de crise.

(Aurélie Michel) 








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