Pour la 15ᵉ édition des René, ce samedi, le cinéma belge sera célébré avec un trophée inédit. L’artiste malmédien Vincent Solheid a transformé une souche d’arbre, matière humble et fragile, en œuvre unique : chaque récompense sera différente et originale.
Pour la 15ᵉ édition des René, qui se tiendra ce samedi, les talents du cinéma belge seront honorés par un trophée inédit. Cette année, l’artiste malmédien Vincent Solheid a choisi une matière à la fois modeste et fragile — une souche d’arbre — qu’il a sublimée pour créer chaque trophée. Fait unique : chaque exemplaire sera différent, rendant chaque récompense véritablement originale.
Vincent Solheid est avant tout un artiste plasticien, tombé presque par hasard dans le cinéma en 2012 avec Le Grand Tour, puis quatre ans plus tard avec Je suis resté dans les bois, nommé aux Magritte du Cinéma. Artiste atypique et en perpétuel mouvement, il a été choisi par l’Académie André Delvaux pour concevoir les trophées remis aux lauréats des René du Cinéma, comme on les appelle désormais.
Une sélection audacieuse
« J’ai proposé une note d’intention assez radicale dans son approche, qui a visiblement beaucoup plu. Quelques semaines plus tard, on m’a annoncé que j’étais le seul retenu. La sélection s’est faite ainsi. À partir du moment où ma proposition a séduit l’académie, nous avons travaillé ensemble, car cela reste une commande. On m’a laissé une vraie liberté d’expression, tout en tenant compte de leurs attentes. Disons que nous nous sommes rejoints à mi-chemin. »
Un trophée organique et engagé
Pour ses créations, Vincent Solheid a voulu s’éloigner du caractère industriel des statuettes classiques pour revenir à quelque chose de vivant et d’organique. Il s’est inspiré du mouvement italien Arte Povera, utilisant des matériaux dits « pauvres » — ici des souches d’arbres soigneusement sélectionnées dans un lieu tenu secret sur le toit de la Belgique. « C’est aussi une manière de questionner cette consommation excessive. Montrer qu’avec des éléments glanés dans la nature ou en forêt, on peut créer quelque chose. D’ailleurs, l’un des chefs de file de l’Arte Povera, Giuseppe Penone, affirmait que l’arbre est sans doute la sculpture la plus parfaite. »
Les socles ont été réalisés à la menuiserie Gilles Azion à Ster-Francorchamps, tandis que les souches ont été dorées pour les sublimer et leur donner un caractère unique. Résultat : chaque trophée est différent, reflétant l’originalité de l’artiste et la singularité de chaque lauréat.
Des œuvres appelées à voyager
En plus des trois prix du public, 24 René seront remis par les jurys de l’Académie André Delvaux. Chaque personnalité du cinéma belge repartira avec un trophée signé Vincent Solheid, unique et différent de tous les autres. « C’est très enrichissant de savoir qu’ils auront une autre vie ailleurs. Ils doivent traverser le regard de ceux qui les accueilleront chez eux, puis être partagés, transmis à d’autres encore. »
Samedi soir, 28 trophées signés Vincent Solheid illumineront la scène, portant la poésie du bois et la fierté du cinéma belge.
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