Devant le tribunal correctionnel de Verviers a eu lieu un procès où étaient impliqués pas moins de 9 prévenus dont 5 brillaient par leur absence. Les peines prononcées sont modérées, mais c’est l’aspect financier qui fera mal.
Le dossier démarre en novembre 2021 par l’information à la police qu’une Verviétoise de 49 ans actuellement, une certaine Nathalie dealait de la cocaïne principalement. L’enquête permet de découvrir qu’elle était en connexion étroite avec un certain Sean (39 ans), sur le téléphone duquel on a relevé plus de 33.000 contacts notamment avec des toxicomanes et 8.500 sur celui de Nathalie, en trois mois de temps ! Finalement, on relèvera que 6 personnes sont impliquées dans une association dont Nathalie semblait être la patronne.
Une cinquantaine de clients
Elle figurait d’ailleurs en première ligne de l’accusation devant le tribunal. « Je me suis laissé entraîner à consommer par mon compagnon de l’époque. Peu à peu, je suis devenue accro, au point que mes revenus de la mutuelle ne pouvaient plus suffire à mes besoins, soit 5 grammes pour un montant de 250 euros par jour ! Une seule solution, c’est de vendre à mon tour, j’étais tout le temps sur la route à livrer pour une bonne cinquantaine de clients. Sean et une certaine Gwenaëlle ainsi qu’une certaine Julie m’aidaient aussi de temps en temps. » Elle affirme être save depuis 3 ans, et être dégoutée de ce qu’elle avait fait, et d’avoir détruit la jeunesse de ses trois enfants.
Mais il y a plus grave encore, puisque l’enquête permettra aussi de découvrir trois implantations de cannabis à Embourg, Vielsalm et Butgenbach dans laquelle Nathalie, Sean et Julie étaient impliqués, chacune contenant environ 500 plants.
Un sous-sol muré
Julie était accusée d’avoir accueilli dans sa maison de Vielsalm la plantation de cannabis dans le sous-sol. « Je ne savais pas ce qui s’y tramait. Je n’ai jamais rien vu, ni entendu, ni senti. Il m’avait promis 5.000 euros de loyer, et comme j’étais moi-même accro, j’avais besoin de cet argent. Le sous-sol était muré, je ne pouvais y avoir accès. J’ai raccroché depuis2-3 ans » disait-elle.
La faute au Covid
Et puis il est question à nouveau de Sean, qui a mis à la disposition de l’Albanais, à Butgenbach, la maison de son père, qui vivait en Angleterre. « Je lui ai remis les clefs, et je n’y ai plus mis les pieds. Je ne savais pas ce qu’ils y faisaient. Il m’avait promis 5.000 euros, dont j’avais besoin car j’étais devenu addict après mes contacts purement amicaux avec Nathalie. C’est la faute au covid, à ma séparation d’avec mon épouse, une véritable descente aux enfers. Le krak, c’est terriblement addictif quand on est en manque. La prison est le meilleur centre de désintoxication » avait-il dit, une opinion qui ne sera pas partagée par tout le monde.
Des confiscations sérieuses
Mme Albert, ministère public, avait insisté sur le matériel investi pour deux installations, soit 26.000 euros pour l’une et 23.000 euros pour l’autre, sans doute financé par un commanditaire resté inconnu. En prévenant qu’il fallait tenir compte du délai raisonnable, 5 ans à cause du Parquet qui a laissé traîner le dossier dans un tiroir, elle réclamait 3 ans de prison avec sursis pour Nathalie et la même peine pour l’Albanais, responsable des implantations. Et des peines plus réduites pour les autres.
C’est grosso modo ce que le tribunal a fait, annonçant qu’il tenait compte du délai raisonnable en accordant le sursis à tout le monde. Nathalie et l’Albanais écopent de 30 mois de prison, Sean et Julie de 20 mois, les autres peines s’échelonnant en quelques mois.
Mais c’est sur la plan financier que ça va faire mal, des confiscations (théoriques, probablement) pour un montant d’un peu plus de 200.000 euros pour les têtes de gondole du trafic, et en outre 5.500 euros de frais de justice, et quelque 24.000 euros pour l’électricité volée à Ores dans les deux implantations.
Sur le même sujet
Recommandations
Poursuivis pour séquestration arbitraire, extorsion et violences, ils en sont acquittés
Condamné à 3 ans de prison pour des méthodes éducatives violentes
En appel, il écope de 8 ans de prison pour faits de moeurs et traitements dégradant sur 3 enfants
Une grand-mère de 88 ans maltraitée et extorquée par son petit fils
Une relation malsaine avec une handicapée mentale peut lui valoir 5 ans de prison