Un homme de 36 ans, d’origine rwandaise, et vivant depuis 15 ans en Belgique, n’avait pas encore capté qu’élever des enfants à la dure, ça ne marchait pas ici. Il l’aura appris en étant condamné à 3 ans de prison avec sursis pour traitement inhumain.
C’est en effet le motif qui a valu à Valère (prénom d’emprunt) de comparaître devant le tribunal correctionnel de Verviers, et dont trois enfants ont été victimes. Il y a d’abord son fils Kagobo (idem), qui n’avait que 3 ans quand des punitions plus que dures lui étaient infligées, un traitement qui s’est poursuivi pendant 4 ans, jusqu’à ce que la justice s’en mêle.
Plusieurs slips pour adoucir les fessées
Le jeune garçon dira qu’il était régulièrement traité d’idiot par son père, qui le battait à coups de bâton, dont l’un s’est d’ailleurs brisé lors d’une scène. Il lui tirait aussi les oreilles, au point de le faire saigner. Ou alors le faisait mettre à genoux, les bras levés soutenant une lourde machine à coudre, et il était frappé s’il lâchait prise. Une scène que la maman, qui n’arrivait pas à calmer Valère, confirme.
L’enfant raconte aussi que les fessées étaient tellement violentes qu’il lui arrivait d’enfiler plusieurs slips afin d’atténuer les douleurs qui l’empêchaient de dormir.
Son autre fils, qui n’avait pas trois ans, a lui aussi subi les violences de son père, des violences que confirme Sabine (idem), la fille de son épouse, victime elle aussi de son agressivité tant verbale que physique et de violences quasi quotidiennes, entre ses 7 ans et ses 12 ans.
Un mode éducatif comme dans son pays
Poursuivi devant le tribunal pour traitement inhumain aggravé, Valère objecte qu’il ne voulait pas faire de mal aux enfants, mais appliquait un mode d’éducation conforme à la culture de son pays natal, qu’il avait lui-même connue. Il prétend aussi qu’il ignorait que de telles pratiques n’étaient pas admises en Belgique.
Des arguments que le tribunal n’a pas suivis, estimant que Valère avait intentionnellement infligé aux enfants un traitement de nature à les avilir, alors que la société assigne au contraire aux parents un rôle de protection. Le tribunal a toutefois tenu compte de sa volonté d’amendement et de sa prise de conscience de l’illégalité de son comportement pour lui accorder un sursis sous conditions sur la peine de 3 ans de prison prononcée à son encontre.
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