C’est détenu que Hussein (prénom d’emprunt) comparaît devant le tribunal correctionnel de Verviers où on lui reproche des violences répétées sur sa fille Selma (idem) âgée de 14 ans au début des faits reprochés.
Ceux-ci ont duré pendant plus d’un an et demi, jusqu’au moment de décembre 2025 où un appel au secours parvient aux urgences. Il sera identifié comme provenant d’une adolescente, Selma, ce qui sera authentifié plus tard par sa mère. Les policiers se rendent sur place, mais se heurtent au refus de la mère de les laisser entrer. Mais ils entendent celle-ci ordonner en turc à sa fille de ne pas parler à la police. Et ils ont aussi l’occasion d’entrevoir des traces de coups sur les bras et les jambes de Selma.
Une victime sous influence
Ce qui entraîne de facto l’ouverture d’une enquête, où un médecin légiste décrira de nombreuses lésions qui ne peuvent résulter que de coups donnés avec un objet. Selma, manifestement sous influence, dira que ceux-ci sont accidentels, qu’ils proviennent du fait qu’elle s’est interposée entre son père et sa mère lors d’une dispute. Ou encore dus dehors pour se calmer à des branches alors qu’elle était sortie. En plein décembre ? Elle ira jusqu’à contester son appel aux urgences.
Une vidéo le montrant avec un pistolet
Tout cela aboutira à l’arrestation de Hussein, le père. Qui, devant le tribunal, contestera avoir donné le moindre coup à sa fille, disant que médicalement il n’aurait pu le faire, suite à une opération récente à la main droite. Un argument que le tribunal trouvera peu relevant, vu qu’il lui restait la main gauche pour porter des coups.
Hussein était également poursuivi pour harcèlement et menaces sur une voisine, qui avait hébergé son épouse après une dispute violente. Depuis lors, celle-ci a fait l’objet d’insultes et de menaces, ainsi que de propos calomnieux par voie d’affiche. Il aura été jusqu’à lui envoyer une vidéo le montrant manipuler un pistolet.
Une personnalité inquiétante
Tout cela amène le ministère public à réclamer un emprisonnement de 50 mois, la défense sollicitant l’incontournable sursis sous conditions. Ce que le tribunal a rejeté, vu qu’il en avait déjà bénéficié en 2021 pour une condamnation à 2 ans de prison, sursis qui avait été révoqué par la suite. Il le condamne cette fois à 3 ans de prison ferme. Il souligne de nombreux antécédents judiciaires et la personnalité inquiétante du bonhomme, ainsi qu’un risque de récidive élevé diagnostiqué par une expertise. Il rappelle l’enquête de voisinage qui le dépeint comme étant violent et impulsif, faisant régner un climat de terreur dans le quartier, ainsi qu’une volonté d’amendement peu perceptible dans son chef. Il devra en outre s’acquitter de 400 euros d’amende et de 1250 euros de frais de justice. Un jugement qui a provoqué les récriminations de Hussein, criant qu’il était victime d’une injustice.
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