Poursuivis pour séquestration arbitraire, extorsion et violences, ils en sont acquittés

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Poursuivis pour séquestration arbitraire, extorsion et violences, ils en sont acquittés

Deux individus au passé sulfureux, d’origine tchétchène, étaient poursuivis devant le tribunal correctionnel pour avoir séquestré, volé et tabassé un homme de 52 ans. Ils risquaient chacun 4 ans de prison ferme. Mais ils ont été finalement acquittés.

« C’est du lourd, ce dossier » dira d’emblée le juge Defechereux en ouvrant le procès mis à charge de Yassine (22 ans) et Zhabrail (28 ans). Ils se sont connus en prison, où le premier était en attente d’une condamnation à 4 ans de prison avec sursis sous conditions, prononcée en 2025 déjà pour séquestration et traitement inhumain. Quant au deuxième, c’est encore pire. S’il était en prison, c’est après  3 condamnations à 2 ans de prison et une à 1 an, qu’il a purgé presque entièrement, et ce pour extorsion, vols avec violence, et stupéfiants.  

Sortis de prison simultanément quelques mois avant les faits reprochés, les deux hommes font la connaissance d’Albert (prénom d’emprunt) 52 ans qui les invite à un barbecue chez lui, rue de Bruxelles à Verviers. Ils décriront Albert comme quelqu’un de festif, souvent bourré et défoncé au point de se déféquer sur lui. Ils participeront à quelques soirées « cocaïne » qui se déroulaient chez lui, et diront que tout se passait bien entre eux. Jusqu’à ce que les choses dégénèrent à cause de propos à caractère pédophile qu’aurait proférés Albert.

Une séquestration de trois jours

Une première scène a lieu le 1er octobre dernier, lorsqu’Albert se voit pointer un couteau sous sa gorge et obligé d’aller faire un retrait de 350 euros. « Pas du tout, il me les a donnés pour aller acheter des bières. C’est lui qui voulait régaler tout le monde » dira l’un d’eux devant le tribunal. Avec son maigre revenu du CPAS ? Puis le 7 octobre, le duo se pointe à nouveau chez Albert, le force à se déshabiller, le tabasse régulièrement, jusqu’à lui fracasser un genou avec une barre de fer, qu’on retrouvera d’ailleurs, et qui s’avérera être un montant de chaise entouré d’aluminium. Une séquestration qui durera trois jours, jusqu’à ce qu’ils s’en aillent en pleine nuit.

Le plus beau jour de sa vie

Albert déposera plainte quelque jours plus tard, après un nouvel incident, quand les deux énergumènes ont voulu défoncer sa porte. Il décrivit alors son calvaire, en disant que Zhabrail était son fournisseur de cocaïne. Devant le tribunal où les deux comparaissaient détenus, ils niaient toute malversation envers Albert, prétendant avoir été bienveillant avec lui en apportant à manger et à boire (de la bière, bien sûr), et même le laver quand il déféquait sur lui, ce qui est courant chez les défoncés. Pourquoi dénoncerait-il des faits aussi graves ? « Parce que je me suis emporté sur lui après ses propos dérangeants de pédophile, et que je lui ai dit que je le fournirais plus » prétendait Zhabrail qui se disait innocent. Quant à Yassine, il disait que son arrestation a été le plus beau jour de sa vie, car ça lui a permis de sortir de sa dépendance aux drogues et à l’alcool.

Des gens ancrés dans la délinquance

Un propos qu’avait fustigé M. Lelotte, ministère public, disant qu’il s’agit d’un discours formaté pour les tribunaux. Et de citer toute une série d’éléments, dont du sang et la dévastation du logement retrouvés chez Albert pour dire que les prévenus se prennent les pieds dans le tapis en déclarant la bouche en cœur qu’ils sont étrangers aux faits reprochés. « Ce sont au contraire des gens dangereux bien ancrés dans la délinquance. Qu’ont-ils apporté au pays qui leur a accordé l’asile ? » Il avait réclamé des peines significatives, soit 4 ans de prison ferme pour chacun d’eux.

Acquittés !

Mais contre toute attente, le tribunal les a acquittés tous les deux, pour les préventions les plus graves, à savoir la séquestration, les coups et l’extorsion. Il estime en effet qu’il existe peu d’éléments objectifs pour départager les parties et qu’il y a beaucoup d’incohérences dans les déclarations des protagonistes. Mais surtout un manque de collaboration de la victime (qui ne s’est même pas portée partie civile ; ndlr). Il les condamne pourtant pour une prévention subalterne, celle d’avoir défoncé la porte d’Albert, à…60 h de travail. Il est probable que le Parquet se pourvoira en appel de cette décision.

 

 

 

 

 


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