Un homme risque 5 ans de prison pour avoir entretenu une liaison avec une jeune femme, adulte certes, mais handicapée mentale, ce qui la rend vulnérable. S’il parle d’une liaison consentie, elle évoque des pratiques non désirées.
Léon (prénom d’emprunt) était en couple avec Marcelle (idem), un couple qui hébergeait la sœur de celle-ci, Juliette (idem), 22 ans au moment des faits qui se déroulent fin 2023. Cette dernière cependant souffre d’un handicap mental qui lui confère un degré de vulnérabilité telle que la liaison que Léon a eue avec elle est considérée en justice comme des viols, ce pourquoi il est poursuivi devant le tribunal correctionnel où il comparaît libre.
Une relation naturelle
« Je ne comprends pas ces accusations. C’est elle qui me faisait du rentre-dedans. Lorsque Marcelle a quitté notre domicile le soir de Noël car elle avait des suspicions vu notre proximité, alors j’ai dit oui à une relation avec Juliette, mais tout était consenti, je me suis laissé séduire. On avait tous les deux envie de relations sexuelles, c’était naturel. Notre relation se passait super bien !»
Des pratiques à vômir
Jusqu’à ce jour de janvier où un taxi envoyé par le Centre d’accueil qui l’avait déjà hébergée vient la chercher pour la ramener au Centre. L’assistante sociale qui s’occupe de Marcelle raconte que trois jours avant, Juliette lui avait dit qu’elle ne voulait plus de sexe avec Léon, des pratiques qu’il lui imposait et qui la faisaient vomir, allant jusqu’à des tentatives de sodomie. Des abrasions relevées sur ses bras et dans le dos démontrent que ces pratiques n’avaient rien de romantiques.
« Je n’ai rien compris à cette rupture brutale, tout allait si bien entre nous. Depuis lors, je n’ai plus eu le moindre contact avec elle. »
Exfiltrée d'une relation masaine
Me Namur, partie civile, s’élève contre ces propos d’une relation prétendue idyllique. « Juliette, une jeune fille fragile, n’était pas à l’aise avec cette relation, faite de rapports imposés et forcés, au point qu’il a fallu l’exfiltrer de cette liaison malsaine. »
Mme Elodie Herman, ministère public, insiste aussi sur la caractère fragile et particulièrement vulnérable de Juliette, qui a subi une emprise et des pressions de Léon en vue de relations sexuelles. C’est lui qui lui a demandé de se mettre en couple, ce qu’elle n’a pas osé refuser. Il exerçait une surveillance intense sur Juliette, allons jusqu’à la menacer de s’en prendre à son assistance sociale. Elle relate la déclaration d’une ex-compagne de Léon disant qu’elle devait être constamment disponible. Et puis il y a ces traces de sang et de lésions relevées sur Juliette. Elle réclame 5 ans de prison !
La défense plaide au contraire l’acquittement au bénéfice du doute, car si elle disait oui simplement pour être tranquille, à aucun moment elle n’a signifié un quelconque refus. Jugement en juin.
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