C’est un dramatique et révoltant procès qui a eu lieu au tribunal correctionnel de Verviers : un couple y était accusé d’avoir acculé à la ruine un homme de près de 80 ans, en outre atteint de cécité.
Roger (prénom d’emprunt), 79 ans, est un ancien postier, qui avait été grièvement blessé lors d’un braquage à Dison, jusqu’à en perdre la vue. Depuis lors, il vivait modestement avec sa femme dans un logement de Logivesdre, avec une petite pension et des allocations d’assurance, qui lui permettait de mettre de côté un peu d’argent. Au décès de son épouse en 2010, c’est sa belle-fille Christiane (idem) 52 ans actuellement et son mari Yvon (idem) 53 ans, qui prennent en mains la gestion quotidienne et des finances du vieil homme. Une gestion qui allait s’avérer catastrophique pour la santé financière de Roger. Au début, ce sont des prélèvements de 500 euros qui sont prélevés « pour faire ses courses » dira Roger. Mais qui prendront vite des dimensions disproportionnées, allant jusqu’à 16.000 € en 2018 et même 36.000 € en 2021. A ce train-là, le pauvre homme se trouve en 2022 complètement ruiné, avec des dettes de quelque 100.000 euros, harcelé par les huissiers et même menacé d’expulsion de son logement, dont le loyer n’était plus payé depuis des mois.
Faux crédits pour l'achat d'une voiture par un aveugle
Mais ce n’est pas tout, car Yvon avait fait de faux crédits au nom de Roger, de 15.000 et 8.000 € pour l’achat d’une voiture (au profit d’un aveugle ?) sommes qui ont bien vite disparu. Il fera la même chose avec son propre père, pour un montant de 22.500 euros. On ne compte plus les faux en écriture tendant à faire lever des saisies sur salaire ou de voitures, et d’autres malversations, comme celles commises au détriment du SP Finances, à qui il doit plus de 30.000 euros en amendes pénales suite à 14 condamnations de roulage, et une déchéance de conduire qui ne l’empêchait pas de véhiculer de vieilles personnes au nom d’une association bénévole mais dont il se faisait payer la course. C’est finalement un conseil de famille, alerté, qui a mis fin à cette escalade, en août 2022.
Une défense piteuse
Face à ces accusations, sa défense n’avait été rien moins que piteuse. Soit il n’a rien fait, soit ce n’est pas lui, soit ce sont des dons ou des prêts que lui a fait son beau-père. Comme ces vacances en Egypte et en Tunisie, alors que Roger affirme n’avoir jamais fait de dons et encore moins de prêts, car il a horreur du crédit.
Quant à sa femme Christiane, sa défense consistait à dire qu’elle ne savait rien de tout ça, qu’elle se fiait à son mari, que son salaire d’infirmière dans une maison de retraite suffisait pour ne pas se poser de questions.
Laissé pour mort
Ce qui avait mis en fureur l’avocat de Roger, Me Muller, qui se dit estomaqué par les propos des deux prévenus dans ce dossier scandaleux et choquant. « Ils ont laissé Roger pour mort financièrement, tous ses comptes épargne ayant été vidés. Car il est évident que sa femme, dont ses déclarations sont incohérentes, était forcément au courant, puisqu’un contrat d’électricité au nom de Roger arrivait chez eux. Il est clair que les deux ont trempé dans cette affaire ». Après une analyse du dossier, il en arrive au préjudice colossal de 122.000 euros pour Roger, qui reste avec les crédits sur le dos.
Des actes crapuleux
Quant à Mme Albert, ministère public, qui traitait Roger de glandeur et de menteur de première, et ses actes de crapuleux, elle réclamait une peine à la hauteur des faits qui consistent à dépouiller des gens vulnérables, soit 4 ans de prison ferme pour Yvon. Pour ce qui est de sa femme, elle laissait au juge l’appréciation du degré de culpabilité
C’est effectivement la peine prononcée pour Roger, 4 ans de prison ferme, Christiane écopant de 3 ans avec sursis. Et le couple devra payer 69.000 euros provisionnels à Roger, plus faire face à une confiscation pour un montant de 108.000 euros.
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