Denis (prénom d’emprunt) a perdu ses parents dans des circonstances qui n’ont pas été précisées alors qu’il était encore un jeune enfant. C’est donc sa grand-mère qui l’a pris en charge, ne se doutant pas du calvaire qu’elle allait endurer plus tard.
En effet, on note qu’il y avait déjà une ambiance électrique entre lui et Yvonne (idem) depuis 2013, date depuis laquelle la police devra intervenir à plusieurs reprises. Denis n’avait à ce moment-là que 16 ans !
Plus de 9 000 € extorqués
Mais les choses n’ont fait qu’empirer, jusqu’à ce jour d’août 2025 où la police fait une banale démarche pour récupérer un document. C’est le moment que choisit Yvonne (88 ans) pour se livrer aux policiers, racontant que depuis cinq ans, elle subissait l’emprise de son petit-fils, qui lui exigeait sans cesse de l’argent et qui se prenait pour le maitre de la maison, qu’elle devait se plier à tous ses caprices, comme par exemple de lui céder l’usage de la télévision pour ses jeux vidéo, la privant elle de sa télé. Si elle refusait ses demandes d’argent, il se mettait dans une rage folle, il hurlait sur elle, alors elle cédait et faisait les virements exigés. On a ainsi calculé que c’est plus de 9.000 euros qu’elle lui avait versé. « Il avait dans ces cas là le regard méchant, il hurlait, j’avais peur de lui, il a été jusqu’à m’agripper deux fois par le col, même s’il ne m’a jamais frappée. Je n’ai plus rien, mon compte est en négatif de plus de 1.500 euros. Il n’a jamais rien payé, même pas ses abonnements téléphoniques ou à Netflix. Il faisait les courses, car je me déplace difficilement, mais il ne ramenait rien pour moi. J’ai même pensé au suicide » raconte Yvonne.
Content d'être en prison
Suite à ce récit hallucinant, il est arrêté, puis remis en liberté. Il revient chez sa grand-mère et recommence son cirque à peine deux jours plus tard. Arrêté à nouveau, il est remis en liberté en octobre et trouve un refuge cette fois chez sa sœur, d’où il doit être finalement expulsé par la police.
C’est donc détenu qu’il a comparu devant le tribunal correctionnel, prévenu d’extorsion et d’abus de faiblesse, et où il fait profil bas. « Je suis content d’être en prison, ça me permet de me rendre compte. Je suis effaré moi-même de la somme que je lui ai prise, j’ai calculé, cela fait 350 euros par mois en trois ans » Qu’il dit avoir remboursé en partie. En très très petite partie alors, puisqu’on n’a relevé qu’un versement de… 32 euros !
Le droit à une fin de vie paisible
Le ministère public fait état de nombreux témoignages qui convergent pour dire qu’elle était maltraitée et même affamée par son petit-fils. Il évoque les violences non seulement verbales mais aussi écrites, où on relève des messages particulièrement insultants et orduriers, donnant des ordres et même des menaces. Et même qu’il a osé dire que c’est elle qui avait des problèmes psychologiques. Relevant son manque d’empathie, la substitute proclame que la vieille dame a droit à une fin de vie paisible. Elle réclame une peine de deux ans et demi de prison, éventuellement avec sursis sous conditions.
Plus la même personne
C’est évidemment dans ce sens que va la défense assurée par Me Walocha, qui plaide que la prison a changé Denis. « Il a suivi un traitement en prison, et a pris conscience de ce qu’il a fait. Ce n’est plus la même personne, qui regrette maintenant ses agissements, alors qu’il était en état de crise. » Et de souligner que même Yvonne a de la peine de le savoir en prison, et que ce serait un beau cadeau pour elle de l’en voir sortir changé. Mais elle souhaite que ce soit sous une autre forme, celle d’une peine de probation pure et simple, c’est-à-dire sans qu’une peine de prison ne soit prononcée. Car cela à l’avantage de ne pas être mentionné au casier judiciaire, ce qui le handicaperait gravement, lui qui voudrait devenir… agent pénitentiaire ! Jugement fin du mois !
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