En Belgique, 99% des fleurs coupées que l'on achète, proviennent des Pays-Bas, qui importent eux-même 70% de leurs fleurs. A contre-courant, le mouvement Slow Flowers Belgique prône lui des fleurs locales, de saison. La ferme de Froidville en fait partie.
Le lundi est consacré à la cueillette. Dans les champs, mère et fille travaillent côte à côte. Au fil des heures, la remorque se remplit de couleurs et de parfums.
« Nous cultivons uniquement des fleurs de saison », explique Alicia André, fleuriste et floricultrice à La Ferme de Froidville. « La saison débute avec les tulipes et les renoncules. Viennent ensuite les fleurs d'été comme les dahlias ou les zinnias. Nous produisons aussi des fleurs destinées au séchage que nous commercialisons durant l'hiver. »
Ici, pas question de forcer la nature. Les fleurs poussent au rythme des saisons, sans chauffage artificiel, ni traitement chimique.
Sans pesticides, même quand les pucerons s'invitent
« Lorsque nous avons des pucerons, nous achetons parfois des larves de coccinelles ou des coccinelles», explique Annette Servaty, floricultrice. « Une année, nous avons même arrêté les ventes pendant quinze jours pour leur laisser le temps de faire leur travail. Et lorsqu'une maladie apparaît, nous l'acceptons. On se dit que cela ira mieux l'année suivante. »
Une approche qui demande de la patience, mais qui correspond pleinement aux valeurs défendues par le mouvement Slow Flowers, dont la Ferme de Froidville fait partie.
Derrière chaque bouquet, des mois de travail
Avant de se lancer dans l'aventure, avec sa seule casquette de fleuriste, Alicia André ne mesurait pas l'ampleur du travail nécessaire à la production de fleurs coupées.
« On ne s'imagine pas tout ce qu'il y a avant la récolte », confie-t-elle. « Il faut rechercher les semences, semer, planter, arroser, désherber, installer les filets de soutien... C'est sans arrêt. Et une fois la saison terminée, il faut encore tout nettoyer et préparer les parcelles pour l'année suivante. »
Un travail de longue haleine qui mobilise plusieurs paires de bras tout au long de l'année.
Tout est parti des compositions florales pour un mariage
L'histoire de la ferme florale a commencé presque par hasard, il y a plus de six ans.
À l'occasion du mariage d'une amie, Alicia et sa maman décident de cultiver elles-même différentes variétés de fleurs afin de réduire le budget consacré à la décoration florale. Elles n'ont plus jamais arrêté. Peu à peu, les fleurs gagnent du terrain.
« Au départ, il y avait surtout un potager. Aujourd'hui, il a pratiquement disparu et les fleurs occupent de plus en plus d'espace », sourit Annette Servaty.
Une complicité mère-fille au cœur du projet
Si l'exploitation fonctionne, c'est aussi grâce à la complémentarité des deux générations.
« Ce n'est pas difficile de travailler avec ma maman », explique Alicia. « Au contraire, il y a une vraie complicité. Elle s'occupe davantage des cultures, des semis et des plantations. Moi, je suis plus tournée vers la fleur coupée. Nous nous complétons très bien. »
Des bouquets vendus en circuit court
Chaque hiver, les deux productrices réfléchissent déjà aux prochaines semailles. Leurs bouquets n'ont comme limite que leur imagination et la météo de Stoumont.
Les bouquets sont ensuite vendus directement aux particuliers, dans plusieurs grandes surfaces de la région ou encore à des fleuristes professionnels qui viennent s'approvisionner à la ferme.
Un réseau local qu'elles espèrent encore développer davantage dans les années à venir.
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