GAIA frappe une nouvelle fois fort avec une campagne qui ne laisse personne indifférent. L’association de défense des droits des animaux s’attaque cette fois aux pratiques de l’industrie laitière en Belgique à travers un spot choc qui suscite la polémique
Un veau séparé de sa mère à la naissance, cette publicité tourne en boucle sur les médias. A son origine, l'association Gaia. Elle entend dénoncer de la maltraitance animale. « Pendant des décennies, on nous a montré le lait comme un produit indispensable avec des animaux heureux, nous on vient exposer une réalité factuelle qui est tout autre et donc forcément ça bouleverse beaucoup, explique Sébastien de Jonge Directeur des opérations GAIA. Mais ça montre aussi que c'est important de le faire parce qu'il y a une méconnaissance sur la problématique. »
Depuis sa diffusion, les producteurs de lait et les éleveurs bovins ne décolèrent pas. Benoit Michel est agriculteur bio à Francorchamps. Le bien-être de ses vaches, c'est sa priorité. « Les agriculteurs s'occupent aussi bien des veaux, des génisses des vaches et on est tous les jours avec nos bêtes. Dès qu'une ou l'autre présente des signes de maladie ou autre, on s'en occupe. Evidemment que nos animaux sont bien traités, insiste l'agriculteur. Beaucoup mieux traités que tout ce qu'on veut nous faire manger d'autre. Je crois qu'ici, en région wallonne, on est au top du top en matière de bien être animal et de qualité des produits qu'on peut mettre sur le marché. »
Les agriculteurs sont révoltés. Pour eux, c'est l'association qui méconnaît la réalité du terrain. Laisser un veau au pis de sa mère pourrait justement poser problème. « Les vaches laitières, elles font maintenant entre 30 et 40 litres de lait par jour et les veaux ne sauraient pas boire tout ça, la vache aurait des problèmes de mammite donc pour les races qui sont allaitantes, il n'y a pas de souci mais pour les races laitières, ce n'est pas du tout prévu comme ça. »
A l'Université de Liège, le Professeur Frédéric Rollin est un spécialiste en gestion de la santé bovine. Il défend la pratique et rassure. « Quand on ne laisse pas s'instaurer le lien social entre la mère et son veau, à ce moment-là, le retrait du veau dès la naissance ne pose pas de problème particulier. »
Ce n'est pas la première fois que le secteur subit les attaques de Gaia mais la répétition de ces messages qu'il juge trompeurs, amène les consommateurs à douter et fragilise une filière qui a justement besoin de leur soutien. « Eux, leur but ultime, c'est de supprimer tout ce qu'il y a comme élevage et ils prônent une alternative végétale qui pour eux, serait meilleure. Mais, si on réfléchit un peu, l'alternative végétale, elle pourrait se faire où, comment ? Et elle va grandir comment ? A part les engrais chimiques, il n'y aura plus rien pour faire grandir l'alternative végétale et les gens mangeront du pétrole » conclut Benoît Michel.
Saisi de plusieurs plaintes, le Jury d’éthique publicitaire devra désormais se prononcer sur la conformité de cette campagne aux règles déontologiques.
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