Nouvelle étape dans le projet du Télescope Einstein. Tout au long de cette semaine, les scientifiques installent 700 géophones dans notre sol.
Pour rappel, plusieurs études et analyses sont menées dans notre région depuis des années, ainsi qu'en Sardaigne et plus récemment en Allemagne de l'Est, afin de déterminer quel sous-sol sera le plus propice pour y installer le Télescope Einstein, ce géant outil de 10 kilomètres de superficie permettant de mesurer les ondes gravitationnelles.
Analyser les vibrations sismiques
L'installation des géophones a pour but d'analyser les vibrations sismiques, comme le détaille Hadrien Michel, chercheur en Géophysique Appliquée à l'Université de Liège. "Le Télescope Einstein est une infrastructure extrêmement sensible au bruit sismique, soit les vibrations du sol. On doit dès lors mesurer l'impact que différentes sources en surface ont pour être sûr que cet impact ne soit pas trop fort en profondeur. Et dans le cas contraire, on doit modéliser l'impact pour pouvoir le soustraire à la mesure. Idéalement, aucune source ne doit avoir un impact en profondeur, mais on sait déjà que certaines sources ont un impact".
Par exemple, des éoliennes, des viaducs ou encore une voie ferrée, comme c'est le cas à proximité de ce site de Herbesthal. Le but de cette analyse est de déterminer l'emplacement idéal du Télescope Einstein. "Cela va être un jeu entre deux aspects. D'un côté, le bruit sismique, car il faut être dans l'environnement ayant le bruit le plus faible possible. D'un autre côté, la géologie, parce qu'on doit pouvoir construire les tunnels, les cavernes. Toutes ces infrastructures doivent être dans une roche suffisamment compétente pour pouvoir soutenir une voûte à 20 mètres de hauteur sur une caverne d'une vingtaine de mètres de large par exemple. On ne peut donc pas installer l'infrastructure où on veut", développe Hadrien Michel, qui indique également que l'avantage de notre région est justement la robustesse de son sol.
Ce site a l'avantage d'avoir des mesures de sismicité très faibles en profondeur
"On a ici une couche de sédiments relativement meubles en surface d'une quinzaine, vingtaine de mètres d'épaisseur. Cette couche va bloquer une grosse partie de l'énergie sismique provenant de la surface et ne transmettre qu'une petite partie en subsurface. C'est pour cela que ce site a l'avantage d'avoir des mesures de sismicité très faibles en profondeur".
Une décision finale attendue fin 2027
Les géophones, qui ne dégagent aucune onde ni aucun signal, vont rester enterrés pendant un mois pour récolter toutes les données nécessaires. Ces dernières seront ensuite analysées pendant plusieurs mois.
Dans le programme officiel actuel, le dossier du projet doit être déposé pour juin 2027 afin qu'une décision finale qui définira le pays d'accueil du Télescope puisse être rendue fin 2027.
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