Un Verviétois est accusé de traitement dégradant pour avoir envoyé des centaines de messages haineux après une séparation douloureusement vécue. En plus de ça, il est mêlé à un trafic de drogue.
Après 12 ans de vie commune, Hassan (prénom d’emprunt) 47 ans et Elise (idem) qui ont deux enfants en commun, se séparent. « Parce que je savais qu’elle avait une liaison » dira Hassan, devant le tribunal correctionnel où il est poursuivi pour harcèlement, traitement dégradant, et vente de drogue. Il est contredit par Elise qui dira que c’est parce qu’il vendait de la drogue.
200 messages en 5 jours
Ce sont donc deux volets distincts qui sont abordés devant le tribunal, d’abord celui de harcèlement et de traitement dégradant. Car après la séparation, Hassan va inonder Elise de centaines de messages haineux, injurieux et même menaçants d’une virulence et d’une grossièreté inouïe. Jusqu’au jour où Elise qui a reçu 200 messages en seulement 5 jours porte plainte. Bien d’autres suivront, notamment lorsque Hassan l’accuse de consommer de la drogue, ce que des tests prouveront la fausseté. Il continuera à la harceler même lorsqu’il est incarcéré. Cette avalanche de messages lui vaut la prévention de traitement dégradant, dont une des composantes qualifie un acte de nature à briser la résistance de quelqu’un. « J’étais en colère, j’avais la haine » dit-il en évoquant le fait que tout allait bien entre eux à présent : « Elle veut même se remettre avec moi. Moi pas ! » profère-t-il.
Pas un narcotrafiquant
Puis il y a le volet drogue, ce qui selon Elise a provoqué leur séparation. Il admet avoir vendu uniquement du cannabis pendant deux ans. « Mais je n’étais pas un narcotrafiquant, hein ! J’ai pas vendu par 300 kg, juste de quoi me payer ma consommation. A cette allure, on peut mettre 90% de la population en prison ! »
Il a pourtant reconnu un chiffre d’affaires de 1.000 à 1.500 euros par mois. Par après, il s’est contenté de cannabis dit thérapeutique, couvert dit-il par un certificat médical car il est intolérant aux antidouleurs. On a cependant découvert un paquet de drogue caché dans la chasse du WC. « C’était pour que les enfants ne puissent le trouver » se justifie-t-il, affirmant qu’à présent il ne touche plus à rien.
Donner, c'est donner
Avec lui comparaissaient deux hommes soupçonnés d’avoir collaboré à la vente. Tous les deux jurent leurs grands dieux qu’ils n’ont jamais venu un gramme, même s’il leur est arrivé de dépanner un copain d’un joint ou l’autre. L’occasion de rappeler que la loi réprime la fourniture même à titre gratuit de produits stupéfiants. Ce qui leur vaut leur comparution, la vente n’ayant pu être prouvée « Donner, c’est donner, vendre c’est vendre » dit l’un d’eux. L’autre, qui est entraîneur de jeunes dans un club de foot, avoue qu’il se cachait pour consommait et même qu’il conseillait aux jeunes de ne pas toucher à ça.
Un comportement détestable
Mme Albert, ministère public, qui rappelle que Hassan a déjà été condamné à 3 ans de prison pour vols et rébellion, parle en ce qui le concerne, d’un comportement détestable vis-à-vis d’Elise. Elle réclame un total de 26 mois de prison pour lui, de 14 mois et d’un an pour les deux autres.
L’avocat de Hassan Me Bertrand Thomas plaide qu’il a vécu une période très dure lors de la séparation après 12 ans de vie commune, mais qu’il est actuellement dans une évolution positive. Il évoque aussi la notion de délai raisonnable pour atténuer la peine à prononcer.
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