C’est une affaire qualifiée au départ de tentative de meurtre mais qui a abouti au tribunal sur la prévention de coups et blessures. N’empêche qu’elle aurait pu se terminer tragiquement. Son auteur risque 4 ans de prison.
Cette histoire démarre dans un café de la rue de Dison à Verviers, le 4 octobre dernier. C’est là que José (nom d’emprunt) 38 ans et sa compagne Anne (idem) prennent un dernier verre avant de rentrer chez eux.
Comparaissant détenu devant le tribunal correctionnel, José raconte ce qui s’est passé selon lui. « J’étais au comptoir à boire un café tandis que Anne discutait avec des gens que je ne connaissais pas. C’est alors qu’un individu s’est mis à m’insulter en faisant allusion à une condamnation pour des soi-disant coups à Anne datant de 2023. Je n’ai pas fait attention et suis resté calme. Puis je suis rentré chez moi, Anne restant sur place. A un moment, ne la voyant pas rentrer, je lui ai téléphoné. Elle m’a dit qu’elle finissait son verre et qu’elle allait rentrer, mais elle avait une voix tremblotante. J’ai pensé qu’elle était peut-être en danger avec ces gens avec qui elle discutait ».
Ce n'est pas lui qui s'est servi du couteau
La police, qui affirme que José lui a dit qu’elle était en fait séquestrée, se rend sur place et trouve un homme gisant sur le trottoir et baignant dans une mare de sang, deux plaies béantes au bas ventre et à la jambe.
Que s’était-il donc bien passé ? José prétend qu’il est retourné au café pour chercher sa compagne, mais il avait pris au passage un couteau de cuisine. Pourquoi ? Il ne peut le dire. Il raconte qu’arrivé sur place, deux hommes se sont dressés devant lui, et que l’un d’eux, le même qui l’avait invectivé, lui a porté des coups. Alors, il s’est défendu, mais sans jamais utiliser son couteau, qu’on a cependant retrouvé dans une poubelle la lame tâchée de sang. « Ce n’est pas moi, ça c’est sûr » affirme José. Lequel dira qu’il est toujours en couple avec Anne (même s’il est en prison depuis lors, ndlr) et qu’il est au CPAS depuis 2006 en n’ayant jamais travaillé. Il admet aussi avoir bu des boissons alcoolisées depuis ses 14 ans, mais qu’il était en train de soigner son addiction.
Huit minutes pour rentrer
Mme Zegels, ministère public, évoque un scénario un peu plus crédible. « En réalité, dans le café, José cherchait misère à tout le monde, au point qu’il a fallu le mettre dehors. S’il est revenu avec un couteau, ce n’est pas pour rien. » Lorsqu’il a téléphoné à sa compagne, c’est pour lui dire qu’elle avait 8 minutes pour rentrer, sinon il venait la chercher. Celle-ci dit qu’il avait quelque chose en mains et qu’il allait buter Christian (idem), la future victime. Ce dernier reconnaît qu’il s’est interposé avec un autre homme, et admet qu’il lui a flanqué une baffe. « Anne s’était confiée à moi en disant qu’elle avait peur de lui. » dira-t-il. Evoquant une personnalité inquiétante, déjà condamné pour coups à sa compagne en 2024, elle réclame 4 ans de prison ferme.
On ne bat pas une femme
Son avocate, Me Hanquet, plaide le flou qui existe autour de la scène que personne n’a vue, et les versions contradictoires qui ont été enregistrées, pour solliciter « sur la pointe des pieds » son acquittement. Mais elle mise plus sur l’excuse de provocation de la part de Christian, qui reconnait l’avoir sermonné en lui disant qu’on ne bat pas une femme, en l’invitant à venir dehors pour s’expliquer entre hommes et en lui portant une claque en premier. Elle sollicite donc un sursis probatoire. Jugement fin février.
Sur le même sujet
Recommandations
Il risque 6 ans de prison pour avoir massacré un homme à coups de hache
Condamné pour viols espacés de 4 ans sur deux jeunes filles de 15 et 16 ans
L’auteur d’un incendie criminel à Waimes condamné à 3 ans de prison, avec sursis
Le magasin Bas-Prix de Stembert fermé sur décision judiciaire
Une relation toxique qui finit par une condamnation
Le "cycliste des Fagnes" réclame un dommage de 4 500 euros pour atteinte à sa réputation