Sacha (nom d’emprunt) est un Roumain de 55 ans qui vit depuis 2001, soit 24 ans, en Belgique mais qui ne comprend ni ne parle le français, ce qui avait étonné beaucoup le juge du tribunal correctionnel où il avait comparu via une interprète.
On lui reprochait en effet un harcèlement constant et quasi quotidien de son ex-épouse dont il est séparé, et de ses enfants., Il se postait jour et nuit, jusque parfois 3h du matin, sonne, l’épie, rôde, la suit dans la rue, tente de lui parler alors que ceux-ci ne souhaitent avoir plus aucun contact avec lui. Il lui est même arrivé d’entrer chez elle et d’y manger, sans compter qu’il a pris des photos d’elle endormie. Il répète sans cesse qu’elle est sa femme et qu’elle doit revenir.
C’est son coeur qui parle
Devant le tribunal, sa défense consistait à dire qu’il ne souhaitait que réunir sa famille et laisser parler son cœur. Il leur apportait de la nourriture offrait des cadeaux à ses enfants, encore récemment il avait offert une veste à sa fille. Il ne faisait que laisser s’exprimer son cœur. A la question de savoir s’il a déjà travaillé, il louvoie ne faisant qu’évoquer la difficulté de trouver un emploi à cause de la barrière de la langue, sans jamais répondre à la question. Et s’il ne manie pas le français, c’est à cause de problèmes de santé, sans préciser lesquels. Il se dit aussi non violent, en oubliant hardiment que la séparation avec son épouse s’était déroulée suite à une scène de coups sur elle pour laquelle il a d’ailleurs été condamné.
Un comportement détestable
Pour Mme Hortelan, ministère public, il a eu envers son ex-épouse et ses enfants un comportement détestable. Et qui continue encore, puisque récemment de nouvelles plaintes ont été enregistrés, son ex se plaignant notamment qu’il lui aurait touché les seins et les fesses. Pour elle et le voisinage, il s’agit d’un harcèlement infernal. Il est impératif de le condamner à 15 mois de prison ferme, pour qu’il comprenne enfin que son comportement est insupportable.
Me Tricha, son avocat, s’il admet que ce sont des faits évidemment désagréables, avait mis en avant l’état précaire de Sacha et son désir d’exercer son droit personnel avec ses enfants, ainsi que son incapacité à comprendre les démarches nécessaires pour trouver un emploi. Il souhaitait pour lui un sursis probatoire qui lui permette d’avoir un suivi, avec la condition première d’apprendre le français.
Au crochet de la société
Mais pour le tribunal, pas question de sursis cette fois vu qu’il a déjà été condamné deux fois pour violences au sein de sa famille. Le juge souligne qu’il n’y a chez lui aucune amorce de remise en question, qu’il est totalement oisif dans l’attente que la société lui fournisse un travail tout en vivant au crochet des travailleurs qui payent des impôts et la sécurité sociale ce dont il profite. Il relève aussi qu’étant en Belgique depuis 24 ans, il ne parle toujours pas le français, ce qui révèle un manque de volonté d’intégration. Un emprisonnement ferme s’impose, estime-t-il en lui infligeant 15 mois de prison ferme.
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