Un homme risque 30 mois de prison ferme pour avoir menacé de mort son ex-épouse avec une hachette, ce qu’il nie, et pour de multiples rébellions, ce qu’il reconnait. Ce ne serait jamais que sa 30ème condamnation !
C’est encore un cas de violence familiale qui a amené Alphonse (prénom d’emprunt) devant le tribunal correctionnel. Un cas un peu particulier dans la mesure où s’il comparaît détenu, ce n’est pas en raison des faits qui lui sont reprochés qui datent du 7 mai 2023, mais l’accumulation de petites peines non purgées (dont une à un an de prison tout de même). Il faut dire qu’à 47 ans, il compte au total 29 condamnations !
Des injures et menaces pas piquées des vers
Les faits qui lui sont reprochés ce jour, c’est d’une part d’avoir porté des coups allant jusqu’à un étranglement à son épouse pourtant séparée et de l’avoir menacée de mort avec une hachette, et d’autre part de s’être violemment rebellé contre les policiers.
S’il reconnait ces derniers faits en disant qu’il n’avait fait que résister au menottage, il nie cependant les violences et menaces portées à l’encontre de Sylvia (idem) son épouse, ou plutôt sa future ex-épouse car ils sont séparés. « C’est moi qui ai demandé le divorce, mais elle m’empêchait de voir mon petit de 2 ans et demi. Je suis allé chez elle la veille pour en discuter. Mais comme j’avais bu, elle m’a incité à dormir sur place. Le lendemain, je suis allé chercher mon fils qui était chez une amie de Sylvia. C’est alors que la police m’a arrêté en disant que j’étais ivre. Mais quel test leur permet de dire ça ? » S’il reconnaît s’être débattu lorsqu’il a été menotté, il ne parle pas des multiples rébellions qu’il a exercées aussi bien lors de son arrestation, dans le combi, au poste de police et même en cellule, ni de la flopée d’injures et de menaces pas piquées des vers à l’égard des policiers.
Quant aux menaces de mort à l’aide d’une hachette et la tentative d’étranglement, il les nie intensément. « La hachette retrouvée sur place n’est pas à moi. Et la rougeur constatée par la police sur un côté de la gorge, elle l’a depuis des années et l’a toujours maintenant. Un étranglement aurait laissé des traces des deux côtés, non ? »
Il se contrefiche des lois
Mme Elodie Herman, ministère public, s’appesantit sur le casier judiciaire du prévenu « Il compte à ce jour 29 condamnations, dont 18 pour du roulage avec alcoolémie, et 11 en correctionnelle pour des violences et rébellions. Il est archiconnu de nos services comme étant un danger public du volant qui roule comme un fou, le plus souvent en ayant bu. La dame qui appelle la police dit qu’il est ivre et énervé. Il n’y a chez lui aucune remise en question. Il se contrefiche des lois et des règles de la vie en société. Son entourage témoignage d’un climat de peur régnant autour de lui. Libéré conditionnellement, il n’a respecté aucune des conditions édictées » Elle réclame dont une peine de prison ferme, soit 30 mois !
Un dossier très flou
Mais son avocat Me Baudinet évoque un flou total sur ce dossier. « Il conteste avoir été encore ivre lorsqu’il est allé rechercher son fils, même si les faits de rébellion sont indiscutables. Par contre, les coups envers son encore épouse sont sujets à caution. Il n’y a pas de certificat médical, pas de traces de coups, si ce n’est une légère rougeur d’ailleurs invisible sur la photo et qui est une lésion permanente bien antérieure aux faits reprochés. Quant aux menaces de mort avec une hachette, la Cour de cassation est claire à ce sujet : on ne peut condamner quelqu’un sur base des déclarations d’une seule personne victime de faits. Et pourquoi aurait-il menacé de tuer Sylvia en disant que personne ne t’aura à ma place, alors que c’est lui qui a demandé le divorce ? » Il sollicite donc l’acquittement pour les coups, et une peine de travail pour les rébellions.
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