Un réfugié géorgien a été jugé au tribunal correctionnel pour divers vols commis dans des grandes surfaces. Mais ce qui avait intrigué le plus le juge est son absence totale d’intégration après 5 ans de séjour dans notre pays.
Youri (prénom d’emprunt) est un Georgien qui a quitté son pays avec femme et enfant il y a 5 ans, traumatisé par la situation politique là-bas, et a été accueilli au centre de Sart-lez-Spa où il réside toujours.
Il avait comparu libre devant le tribunal correctionnel où on lui reprochait quelque 8 faits de vol commis dans des supermarchés, dont un où il avait exhibé un couteau à cran d’arrêt. « Je ne savais pas que c’était interdit en Belgique, en Géorgie, c’est courant » avait-il dit par le truchement d’un interprète.
Un manque de volonté d'intégration
Et c’est précisément cela qui semblait perturber le juge M. Defechereux, qui l’avait titillé à plusieurs reprises sur le fait qu’il ne pige et parle pas un mot de français après cinq ans de séjour ici. « J’y vois un manque total de volonté d’intégration à la société belge » lui reprochait-il. Ce à quoi le prévenu avait rétorqué que sa femme est gravement malade et qu’il ne peut la laisser seule. « Oui, mais pendant que vous volez, vous la laissez seule quand même. Vous pourriez consacrer ce temps à apprendre le français, la meilleure arme pour s’intégrer » lui avait répondu le juge. « Je vais le faire, vous avez ma parole »
Un fameux travail à faire
Mme Troisfontaines, ministère public, avait souligné également le manque d’inclusion de Youri dans la société belge. « Il y a un fameux travail à faire avec lui, en commençant par apprendre le français » avait-elle dit en réclamant 17 mois de prison, avec possible sursis probatoire, tout en s’opposant à toute suspension du prononcé que demanderait la défense.
Une condition pour rester en liberté
Et c’est précisément ce qu’avait fait son avocat, Me Roger en disant qu’on peut comprendre ses difficultés d’intégration, étant donné l’impossibilité pour un candidat réfugié d’accéder à un emploi, ce qui est quand même le meilleur vecteur d’intégration et d’apprentissage d’une langue. Sa demande de reconnaissance de réfugié a été déclarée recevable, mais n’a pas encore été examinée sur le fond. Il est maintenant bien conscient qu’il doit absolument mieux s’intégrer, et s’engage à apprendre le français.
Mais le tribunal a choisi la voie tracée par le ministère public en le condamnant à une peine certes moindre, un an de prison, mais avec sursis probatoire, dont la première condition est de suivre des cours d’apprentissage du français.
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