Depuis le début du mois de mars, les amphibiens migrent souvent de nuit vers leur lieu de naissance pour s'y reproduire. Chaque année, afin de protéger ces animaux du trafic routier, des bénévoles placent et gèrent un barrage au bois de Jalhay.
Chaque année, avec le retour des beaux jours, les batraciens sortent d’hibernation et entament leur migration vers leur lieu de reproduction. Un parcours semé d’embûches, qui les oblige notamment à traverser des routes fréquentées. Pour limiter les pertes, des barrages sont installés le long de certaines chaussées. Au pied du bois de Jalhay, cette opération, menée depuis un quart de siècle, permet de sauver de nombreux amphibiens et de suivre l’évolution des populations chez nous. Christian Desart, responsable du groupe « batraciens » de Natagora Pays Chantoire, observe ces changements depuis des années :
Au tout début, quand on a commencé le placement du barrage, on a enregistré notre record, soit 1200 individus, principalement des crapauds. Au fur et à mesure des années, c’est descendu pour arriver dans les années 2020 à 350, si mes souvenirs sont bons, et depuis 5 ans ça remonte. L'année dernière on en avait 837, donc ça nous donne un peu de courage pour continuer. Ici, j’ai une équipe d'une quinzaine de bénévoles. On a chaque fois une personne qui passe le matin, une autre qui passe le soir et alors on comptabilise tous les chiffres qu'ils nous donnent.
Une surveillance quotidienne
Le dispositif s’étend sur 150 mètres. Le long de ce barrage, des seaux enterrés sont disposés pour intercepter les batraciens en déplacement. Deux fois par jour, matin et soir, des bénévoles viennent les relever, les compter, puis les relâcher en toute sécurité de l’autre côté de la route dans les étangs de Mangombroux. Mais, attention, il ne s'agit pas de les manipuler n'importe comment.
On conseille de mettre des petits gants parce que ces animaux ont sur leur peau une espèce de mucus qui les protège. Ils respirent par la peau, donc ce mucus c'est une protection pour eux. Avec l'acidité qu'on a sur nos mains, on risque de leur faire du tort. L'inverse est vrai aussi. On peut très bien être allergique sans le savoir. On ne s'en rend pas compte. Si on n'utilise pas de gants, on pourrait se gratter l'œil par exemple ou ailleurs et avoir une petite inflammation. En mettant des gants, on protège les animaux et on se protège soi-même.
Retour aux sources
Après parfois plusieurs kilomètres à travers bois et prairies, grenouilles, crapauds et tritons retrouvent chaque année leur lieu de naissance pour se reproduire.
Les crapauds et les grenouilles doivent se reproduire dans la mare où ils sont nés. C'est pour ça qu'ils reviennent ici au printemps pour se reproduire. Mais ils ne vont pas rester toute la saison dans l'eau. Les crapauds, les grenouilles vivent plutôt en milieu humide. Ils peuvent très bien rester dans une prairie, au bord d'un bois sans être constamment dans l'eau.
Une migration dépendante de la météo
Cependant, une année n'est pas l'autre. La migration s'étire sur plusieurs semaines. Elle peut être marquée par des périodes d'activité plus intenses que d'autres en fonction des conditions météo et des températures. Il y a un mois, 144 crapauds et tritons avaient été comptés. À ce jour, plus de 400 crapauds — mâles et femelles — ainsi que trois tritons alpestres ont été sauvés grâce au dispositif. Un chiffre encourageant pour les bénévoles, qui poursuivent leur mobilisation année après année.
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