On compte entre 20 et 25 loups dans les Hautes-Fagnes. À Heusy, près de Verviers, un loup a récemment attaqué 2 moutons. Une présence près de la ville qui peut surprendre mais qui s'explique.
À Heusy, le réveil a été brutal pour Marie-Renée. En venant nourrir ses moutons nains d'Ouessant voilà 2 semaines, elle découvre que 2 de ses bêtes ont été attaquées.
"J'ai trouvé une de mes bêtes qui était tuée, l'autre éventrée. C'est très interpellant quand même. Je n'ai jamais pensé que ça pouvait arriver chez moi, mais d'un autre côté, j'habite près de la ville et aussi près de la campagne. C'est donc l'avantage d'habiter près de la campagne, mais c'est aussi l'inconvénient, c'est de vivre avec la nature".
Une attaque typique du loup
Les analyses ADN viennent de confirmer qu'il s'agit bien d'un loup. Le mode opératoire était déjà révélateur.
« On voit la marque des crocs dans la gorge. Le loup tue sa proie en une seule morsure à la gorge, en sectionnant la trachée. Une fois que le mouton est mort étouffé, il ouvre la cage thoracique en broyant les côtes. Il a énormément de force dans la mâchoire. », explique Fabrice Dessart, garde-forestier et Correspondant loup au cantonnement de Verviers pour le DNF.
Présent près des habitations
L’attaque interpelle aussi par sa localisation : les habitations sont proches, et l’enclos est entouré d’une clôture.
Cette attaque s'inscrit dans une série. Entre fin 2025 et janvier 2026, le loup s'est manifesté par 5-6 attaques de troupeaux dans la région de Goé, Andrimont, Membach, Bilstain, Plombières. Un autre loup, probablement, les analyses doivent le confirmer, serait impliqué ici à Heusy, 2 jours après à Stembert, puis Membach et avant-hier, à nouveau à Stembert. Une présence près de la ville qui peut surprendre mais qui s'explique, en pleine période de reproduction...
« C'est assez interpellant et ça peut faire peur. Mais vers un an ou un an et demi, les jeunes loups quittent leur meute pour disperser les gènes et créer leurs propres meutes. Ils peuvent parcourir de 500 à 600 kilomètres. Et donc, forcément, sur cette distance-là, ils sont obligés de traverser des zones urbaines, avant de s’installer ailleurs. », précise Fabrice Dessart.
Il évite l'homme
Le loup reste un animal sauvage, il fuit devant l'homme. En Europe, on a plus de chances de se faire tuer par un chien que par un loup... "Il n'y a pas de cas de rage en Union européenne pour le moment. Donc, il y a une étude qui a été faite et sur les 20 dernières années, il y a eu 13 attaques de loup sur être humain, aucune mortelle. À titre de comparaison, il y a eu 600 attaques mortelles de chiens. », souligne le garde-forestier.
Aujourd'hui, 4 couples sont installés dans la région des Hautes Fagnes dont 2 qui ont créé une meute. Soit entre 20 et 25 individus.
Sur le même sujet
Recommandations
“Qu’est-ce qu’on sème ?” : des semences distribuées sur la Ligne 38 par les locales Écolo
Les tiques s'installent de plus en plus dans l'arrondissement verviétois
Le feutre en laine de mouton, concept innovant et bio pour les maraîchers
Donner ses pommes de terre pour ne pas les jeter
Frelon asiatique : faut-il vraiment piéger à tout prix ?