Fini d’installer une chaudière à mazout dans une bâtiment neuf dès ce 1er janvier. Parallèlement, les accises sur le gaz et le mazout vont augmenter. Des décisions qui accélèrent la transition énergétique et bousculent le secteur de la construction.
Même par températures négatives, la pompe à chaleur réussit à capter les calories présentes dans l’air extérieur. Un peu comme un frigo inversé. Fraîchement installée dans un nouveau centre de toilettage canin, la pompe à chaleur parvient déjà à faire grimper la température, au grand soulagement du propriétaire. Si sa maison est encore chauffée au mazout, ce ne sera pas le cas de cette annexe. « La législation prévoit de moins en moins l’utilisation du mazout et du gaz. On doit donc se tourner vers des énergies nouvelles. Quand on peut profiter du soleil, notamment avec des panneaux photovoltaïques, c’est clairement l’énergie la moins chère par rapport au mazout ou au gaz », explique Joseph Di Marco, propriétaire.
Fin du mazout dans le bâti wallon en 2031
Depuis le 1er janvier 2026, il est interdit d’installer une chaudière au mazout dans une construction neuve. L’an prochain, la mesure s’étendra aux bâtiments rénovés en profondeur ou lorsque le gaz est disponible dans la rue. Et dans cinq ans, plus aucune nouvelle chaudière au mazout ne pourra être placée en Wallonie.
Pour les professionnels du secteur, le mouvement est irréversible. « Aujourd’hui, il n’y a plus de doute sur l’issue pour le mazout et le gaz. La transition est en marche. Les voitures électriques y participent aussi, et tous les chauffagistes s’orientent petit à petit vers la pompe à chaleur », souligne Alain Grommet, administrateur de l'entreprise hervienne du même nom.
Une technologie qui gagne le résidentiel
Pour cette entreprise, la pompe à chaleur n’est pas une nouveauté. Voilà 55 ans qu'elle est active dans le domaine. Longtemps utilisée principalement dans les commerces et les bureaux, la pompe à chaleur gagne le secteur résidentiel, notamment les immeubles à appartements. Une tendance renforcée par les décisions gouvernementales.
« Installer une pompe à chaleur dans une nouvelle construction prévue pour cela, c’est relativement facile. Mais en Wallonie, il y a énormément de bâtiments anciens, parfois peu ou pas rénovés. Et là, le marché est très important », explique Alain Grommet.
Isolation et chauffage au sol
Attention toutefois : remplacer une chaudière au mazout par une pompe à chaleur sans isoler le bâtiment peut entraîner une hausse significative de la facture d’électricité.
« En Belgique, l’électricité reste nettement plus chère que la France, par exemple. Il faut donc privilégier des systèmes à basse température, avec de l’eau à basse température. Le chauffage par le sol est idéal. Les radiateurs, c’est plus compliqué, car ils sont généralement conçus pour fonctionner avec de l’eau à 60, 70 ou 80 degrés », précise-t-il.
Cherche techniciens
Face à la demande croissante et à ce changement de modèle énergétique, un des défis du secteur est la main d'œuvre qualifiée. Grommet cherche actuellement à recruter des techniciens afin de renforcer son équipe d’une trentaine de travailleurs.
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