AE Valves a annoncé son intention de supprimer 77 emplois sur ses 2 sites de Petit-Rechain. La procédure Renault a démarré ce jeudi. Derrière les chiffres, ce sont des parcours professionnels et un savoir-faire local qui vacillent.
Ce jeudi matin, l’ambiance est aussi plombée que le ciel au-dessus du zoning de Petit-Rechain. Les représentants syndicaux sortent de leur première réunion avec la direction d’AE Valves, dans le cadre de la procédure Renault. Le verdict est brutal : sur les 89 travailleurs répartis sur les deux sites, 73 pourraient perdre leur emploi. À cela s’ajoutent quatre contrats à durée déterminée non renouvelés et une dizaine d’intérimaires dont l’avenir s’assombrit sérieusement.
« On a tous fait des efforts »
La déception est profonde chez les travailleurs. Beaucoup se projetaient encore dans l’entreprise, malgré les difficultés
« Les gens sont fort déçus. Tout le monde pensait faire carrière ici quand même, malgré tout. On a connu plusieurs points bas et on a tous fait des efforts pour que ça aille mieux. Aujourd’hui, on a l’impression d’avoir bossé dur pour pas grand-chose », confie Jeffrey Massar, délégué syndical CSC chez AE Valves.
Un nouveau coup dur pour l’emploi industriel verviétois
Au-delà du cas de l’entreprise, c’est toute une région qui encaisse un nouveau choc social.
« Si on fait le compte, ça fait encore beaucoup pour la région. Cela montre une fois de plus la désindustrialisation de nos régions», déplore Patrick Breuwer, secrétaire régional FGTB Métallos Verviers–Ostbelgien.
Décortiquer les chiffres pour tenter de sauver des emplois
Cette première phase de la procédure Renault permet aux syndicats de poser toutes les questions nécessaires, d’analyser les chiffres et d’explorer des alternatives crédibles afin de préserver un maximum d’emplois.
« Il y a eu beaucoup de problèmes de délais de livraison, mais aussi des soucis de qualité chez certains clients, ce qui a entraîné une perte de confiance et une baisse des commandes. Sur les deux dernières années, il y avait des pertes d’exploitation. Pour la troisième année, on n’a pas encore les comptes annuels 2025 certifiés par le réviseur. Ce sera un élément clé pour comprendre réellement la situation économique de l’entreprise », insiste Patrick Breuwer.
Des efforts… jugés insuffisants
Conscients des difficultés de l’entreprise, les travailleurs avaient redoublé d’efforts ces derniers mois.
« Ces trois derniers mois, on a réussi à atteindre un chiffre plus que correct, on a dépassé les attentes. Mais visiblement, ce n’est toujours pas considéré comme assez rentable d’un point de vue business », regrette Jeffrey Massar.
15:24:40 -53« ces 3 derniers mois chiffres plus que correct mais pas assez rentable au niveau business »
Un savoir-faire local menacé
À Petit-Rechain, AE Valves fabrique des vannes spécifiques, isolées et étanches, destinées notamment au secteur pétrochimique. Une production spécialisée qui pourrait être transférée vers l’Italie et l’Inde.
« Oui, ça pourrait être fait ailleurs. Mais ils perdraient le savoir-faire que nous avons développé ici depuis des années, en perfectionnant le produit. Ils n’ont pas ces spécificités », prévient le délégué CSC.
Le site vendu en 2027?
Les discussions ne font que commencer. Mais en l’absence de solution, le groupe envisage la fermeture du site à la fin de l’année 2026. Seuls 12 emplois seraient maintenus — 11 employés et un ouvrier — pour les services de vente, d’ingénierie, de recherche et développement. Le site, quant à lui, devrait être vendu à la mi-2027.
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