Le dernier robinier du parc de Sept Heures à Spa sera bientôt abattu. Symbole du patrimoine vivant, cet arbre divise. L’opposition au conseil communal voulait le sauver, la majorité mise sur sécurité et gestion budgétaire.
Avec son tronc crevassé et ses branches tortueuses, ce faux-acacia centenaire est l’un des joyaux du parc. Mais sa fragilité ne fait plus aucun doute. Hier soir, le groupe d’opposition Alternative Plus a plaidé pour le préserver, en proposant des solutions alternatives : consolidation, haubanage, élagage raisonné. Et ainsi éviter un abattage comme celui qui a touché un arbre de la même espèce en 2020.
Leur démarche s’inspire de villes thermales inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, comme Baden-Baden, où la préservation des arbres anciens est un élément central de l’identité locale.
« Un arbre de 50 ans rend des services écologiques qu’aucune jeune plantation ne peut compenser avant des décennies », rappelle le conseiller Claude Brouet, évoquant la captation de carbone, l’ombre qu’il procure et son rôle pour la biodiversité.
Sécurité et finances en priorité
Face à ces arguments, l’échevin de l’Environnement, Baptiste Grignard, estime que le robinier est mort et constitue un risque réel de chute à moyen terme. Maintenir l’arbre avec des dispositifs de soutien coûterait environ 10 000 €, soit plus que le coût d’un abattage et d’une replantation. « Nous devons investir pour l’avenir », insiste-t-il. Pour la majorité, la décision n’est pas idéologique mais pragmatique : garantir la sécurité des visiteurs dans un parc très fréquenté tout en respectant le budget communal.
Deux arbres pour refermer le débat
L’abattage ne marque pas la fin du parc. La Ville prévoit de replanter deux arbres pour remplacer le robinier et restaurer la disposition paysagère historique, recréant un effet miroir de part et d’autre de la galerie.
Le débat, parfois vif — notamment autour de l’interprétation du rapport du Département de la Nature et des Forêts — s’est conclu par le rejet de la motion d’Alternative Plus, avec 11 voix contre. Le robinier du parc de Sept Heures disparaîtra donc prochainement.
Reste la question : faut-il préserver la nature en ville coûte que coûte lorsqu’elle devient fragile, ou la renouveler pour préparer l’avenir ? À Spa, le conseil communal a choisi la seconde option, plaçant l’avenir et la sécurité au cœur de sa décision.
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