Trois hommes, dont un est détenu, sont poursuivis devant le tribunal correctionnel, pour trafic de drogue, un fléau qui prospère à Verviers. On se souviendra de ces paroles de l’actuel procureur du roi de Liège Damien Leboutte quand il était à Verviers.
Ce dernier avait prédit que « bientôt, il suffira de respirer l’air de Verviers pour être intoxiqué ! » Un procès parmi ceux du genre qui se multiplient devant les tribunaux de Verviers semble conforter cette affirmation un rien ironique. C’est lors d’une perquisition dans un logement de la rue de France, dans le cadre d’un autre dossier concernant des armes, qu’on y découvre un lot de cocaïne et de haschich plus des sachets servant à l’emballage de doses de drogue. Là habite un certain Amir (nom d’emprunt) mais les policiers ont la surprise de tomber en sa compagnie un certain Tahir (idem), qui est bien connu par eux puisqu’il a déjà à son palmarès deux condamnations pour trafic de drogue, dont une à 3 ans de prison. Ce dernier, qui comparaît détenu est en séjour illégal, après un séjour en Allemagne. Il prétend être Tunisien, mais l’enquête a pu prouver qu’il était en fait Marocain. Tahir dit aussi qu’il a maintenant une petite amie qui va le sortir de l’illégalité, on suppose en se mariant. « Et ben, elle va avoir du travail » ironise le juge M. Defechereux.
Après avoir dit qu’il ne faisait que loger chez Amir et n’avoir rien à voir dans un trafic, il avouera s’être remis dès sa sortie de prison et son séjour en Allemagne à vendre juste pour manger et boire, et couvrir sa consommation. Un grand classique !
Le cannabis n'est pas anodin
Et puis il y a le cas d’un troisième larron, Ali, impliqué dans le trafic. D’abord, il affirme qu’il ne connait pas Amir, alors que l’enquête révélera qu’il en était en fait le neveu. Mais il admet consommer 1 gramme de cannabis par mois et qu’il consomme depuis l’âge de 16 ans alors qu’il en a maintenant 19. « C’est difficile d’arrêter » dit-il, en entraînant une réplique du juge : « Ah ça, c’est sûr, même le cannabis n’est pas anodin ! » Il avoue quand même avoir dépanné deux ou trois amis. « Mais je n’étais pas au courant que cela était considéré comme de la vente » prétend-il benoitement. Quant à Amir, il prétend n’avoir ni vendu ni même consommé, au mépris d’une photo le montrant snifer une ligne de cocaïne.
S’il admet qu’on n’avait pas affaire à un énorme trafic d’importance, le Ministère public réclame 18 mois de prison pour Tahir, compte tenu de sa récidive légale, mais se montre plus modéré pour Ali en réclamant six mois, et carrément la suspension du prononcé pour Amir qui n’est poursuivi que pour détention. Chose étonnante, son avocat plaide lui pour une peine de travail.
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