Cette semaine, l'association Ciréfasol organisait la représentation gratuite d'"Une vérité qui heurte" à Spa, écrit et joué par un jeune demandeur d'asile, Mamadou Lamarana Bah. L'après-midi, des étudiants de Theux et de Spa étaient invités à l'écouter.
Mamadou Lamarana Bah est arrivé seul en Belgique à l’âge de 15 ans, après un long voyage depuis la Guinée, sous l’emprise de la junte militaire. Dans son spectacle « Une vérité qui heurte », il raconte son voyage, la discrimination et son quotidien sur le sol belge depuis huit ans.
Un quotidien semé d’obstacles
« Les gens ne se rendent pas toujours compte de notre quotidien, que ce soit l’administratif, les problèmes de transport, les centres Fedasil souvent éloignés des grandes villes, l’insertion, les problèmes de langue, etc. », explique Mamadou Lamarana Bah.
Des élèves bouleversés
De nombreux étudiants de l’Institut Saint-Roch de Theux et de l’Athénée royal de Spa sont touchés par son parcours. Ils étaient invités par l’association Ciréfasol, qui vise à sensibiliser le grand public aux réalités migratoires.
« Cela permet d’en savoir un peu plus sur des gens qui traversent des choses comme ça », explique une étudiante. « Quand il a été emprisonné en Espagne, cela m’a fortement touchée », ajoute une autre. « Je retiens qu’il ne faut pas juger les gens sur leur apparence, cela peut leur faire vraiment mal. »
"Vivre dans l'incertitude, c'est difficile"
Après les rires, l’émotion. Le spectacle se termine par une lettre : un ordre de quitter le territoire de l’Office des étrangers. Malgré son apprentissage du français, son diplôme secondaire, bientôt celui d’éducateur, ainsi que son intégration au football et à l’école de Beauraing, Mamadou Lamarana attend toujours une décision concernant son recours…
« Ce n’est pas correct ! Ce sont des gens comme nous. On devrait tous les accueillir », soutient cet élève à l’issue du spectacle.
En attendant, Mamadou Lamarana Bah continue de jouer son spectacle, de sensibiliser et de partager son humour. Une pétition en ligne pour sa régularisation immédiate a déjà recueilli près de 10 000 signatures.
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