Durant 3 jours, des décideurs et des chercheurs d'Europe se sont rassemblés à Verviers pour échanger sur la reconstruction après les inondations au sein d'ateliers JCAR. Objectif? Tirer des enseignements pour se rétablir mieux et plus efficacement.
Ils viennent de Valence, de l'ouest de l'Allemagne, de Belgique, des Pays-Bas ou du nord de la France, des régions touchées ces dernières années par les inondations. Ils sont décideurs politiques, acteurs de terrain ou chercheurs et viennent confronter à Verviers ce qu'ils ont appris de ces catastrophes lors de 3 jours d'ateliers organisés par JCAR, un programme de coopération pour la recherche scientifique appliquée sur la gestion d'inondations et de sécheresses.
Les ponts ont augmenté le niveau d'eau de 2 mètres
Dans la vallée de l'Ahr, comme la vallée de la Vesdre, une similitude : la présence de nombreux ponts, tous les 300 à 400 mètres, en moyenne, contre plusieurs kilomètres, par exemple, dans la vallée du Rhin.
« Les ponts peuvent aggraver les inondations. Lors des crues, les débris sont nombreux dans la rivière et peuvent obstruer le pont. Dans ce cas-là, les niveaux d'eaux peuvent augmenter. Vous pouvez ainsi avoir des inondations dans des zones qui ne seraient pas touchées sans pont », explique Holger Schüttrumpf, professeur à l’Institut d’ingénierie hydraulique de la RWTH d’Aix-la-Chapelle.
Selon des études menées par l'université allemande, les ponts auraient ainsi contribué à augmenter le niveau de l'eau de 2 mètres, un étage en plus.
S'inspirer des difficultés et des leviers
Leurs recommandations ? Moins de ponts, des ponts plus hauts et éviter les piliers centraux. Des pistes qui nourrissent la réflexion au-delà des frontières. « On apprend énormément des retours d’expérience des autres territoires même si les systèmes administratifs, les acteurs sont différents», souligne Stéphanie Beucher, inspectrice générale adjointe à l'Inspection générale de l'Administration en France.
« C'est intéressant d'analyser les difficultés rencontrées ailleurs et les leviers qui ont été mis en œuvre. Cela permet vraiment d’améliorer nos politiques publiques.»
Des solutions concrètes sur le terrain
Après les échanges, place aux visites de terrain. Notamment à Pepinster où des bâtiments ont déjà été démolis. Les études terminées, les solutions modélisées, la Région wallonne va réaménager la rivière pour protéger le centre de Pepinster. « Il était important de leur montrer la manière dont le gouvernement wallon a travaillé », explique Philippe Godin, bourgmestre de Pepinster. « Au vu des témoignages d’autres pays, nous avons une, voire deux longueurs d’avance. Nous n'avons pas eu ce problème de contact direct avec les ministres. Ils ont toujours été derrière nous, ont mis les moyens nécessaires pour pouvoir réaliser les rachats, les démolitions et les travaux qui sont en cours dans la plupart des communes. On est vraiment un exemple au niveau européen.»
Suite à ces ateliers, des recommandations vont être rédigées. Une réunion de suivi sera aussi programmée à Bruxelles avec davantage de décideurs européens.
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