Le chantier du Grand Théâtre de Verviers continue d'avancer. Pour rappel, l'objectif de la Ville de Verviers est de le rénover comme à l'origine, en 1892. Sauf que deux découvertes patrimoniales récentes viennent de changer un peu la donne.
Une perspective restée murée depuis de longues années, au point de faire oublier à toutes et tous qu'il s'agissait autrefois d'une glace permettant d'avoir un aperçu sur toute la salle du Grand Théâtre depuis l'entrée principale, vient d'être récemment démurée. Mais en la démurant, quelque chose clochait. Cette vue, qui devait permettre d'impressionner les visiteurs, n'était pas si belle que ça à cause du balcon situé juste au-dessus. "En creusant dans les archives et dans les plans d'origine, on s'est rendu compte qu'en réalité, ce balcon, qui fait la fierté de la salle de spectacle verviétoise et que l'on voit sur toutes les photos, a été ajouté 12 ans après la construction du théâtre", énonce Jean-François Chefneux, échevin de la Culture et du Patrimoine de Verviers.
Ce balcon a été ajouté 12 ans après la construction du théâtre
Autre découverte, cette inscription sur le mur de la façade droite du Grand Théâtre, qui a permis de comprendre la manière dont était agencée la partie réservée à la classe plus modeste, car le théâtre était à l'origine un théâtre « à l'italienne », ce qui veut dire que les classes sociales ne se croisaient pas. "On savait qu'au point de départ du bâtiment, les classes sociales ne se croisaient pas, que cela soit en rentrant, en sortant ou en consommant le spectacle. Mais on n'avait pas bien identifié la manière dont cela se concrétisait", avoue l'échevin du Patrimoine. "La classe plus modeste rentrait par ce côté. Il y avait une salle d'attente et un guichet avec un agent de police pour vérifier que tout se passe bien. Et puis ils empruntaient une cage d'escaliers qui leur était propre. Celle-ci les amenait à l'endroit dénommé "Paradis" et c'est par cette même cage qu'ils étaient évacués après le spectacle pour qu'ils sortent via la rue du Théâtre sans croiser les autres classes sociales qui se situaient dans le grand hall ou dans le foyer".
Pas de modification du chantier
Ces deux découvertes ne vont pas ralentir le chantier ni même changer les plans de la rénovation. L'inscription sera préservée, tout comme le balcon du 1er étage, malgré qu'il ne soit finalement pas d'origine. Mais les classes sociales, elles, se mixeront. "On a d'ailleurs cassé les barrières qui avaient été construites dans le bâtiment pour plus de fluidité et pour un partage complet de tous les lieux entre tous les publics. Par contre, on ne va évidemment pas démonter le balcon, mais le restaurer dans l'état dans lequel il était en 1904, soit la date à laquelle il a été ajouté", explique Jean-François Chefneux.
Une restauration presque à l'identique donc, avec 2 exceptions plus contemporaines.
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