A Chênée, la Vesdre a longtemps été enfermée entre des routes et d'anciennes usines. Après les inondations de 2021, la Ville de Liège a décidé de repenser entièrement ce quartier… en redonnant de la place à la rivière, visuellement et physiquement.
Bien avant les inondations, Liège avait déjà une vision pour les rives de la Vesdre à Chênée, ce morceau de ville marqué par la friche industrielle de LBP. Le site avait été dépollué. Mais juillet 2021 a rebattu complètement les cartes.
Aujourd'hui, "l'objectif est de faire de cette catastrophe une opportunité", explique l'échevin de l'Aménagement du territoire de Liège, Gilles Forêt et d'offrir un cadre de vie plus agréable et plus résilient aux habitants.
30.000 m² de surfaces vertes, 680 nouveaux arbres
Le projet prévoit la transformation complète de la rive gauche de la rivière avec la création d’un grand parc public (30.000 m² de surfaces végétalisées, 680 nouveaux arbres plantés, aire de jeux, mobilier urbain, création d'une promenade en bord de Vesdre et d'une autre un peu plus haut) et d’une passerelle cyclo-piétonne reliant la place du Gravier à la gare de Chênée.
D'ici 2030, un parc d’activités économiques sera créé et d'ici 2035, 75 nouveaux logements seront construits à promximité de la gare. Le projet prévoit aussi la création d’un MobiPôle qui connectera différents modes de déplacement: la marche (création de 2 km de trottoirs), le vélo (création de 500 m de piste cyclable connectée aux RAVeLS et chemins cyclables du parc), le train, les bus (création de quais de bus et d'une station), la voiture (aménagement d'un parking d'une cinquantaine de places avec bornes de recharge).
Donner plus de place à l'eau
Pour créer le vaste parc, le quai Borguet sera déplacé au Sud pour laisser plus de place à l'eau. Dans la même idée, les berges seront reconfigurées de façon plus naturelle pour permettre au parc de jouer le rôle de zone d'expansion de crues lors de fortes pluies. Les rives réaménagées permettront aussi aux citoyens d'avoir un lien avec l'eau pour "se réconcilier avec la rivière". "Je pense que cela va changer la vision de cette Vesdre très canalisée, presque industrielle. Cela va permettre de renouer avec ce caractère naturaliste que le projet veut vraiment pousser", soutient Maxime Cloarec, directeur de projet chez Michel Desvigne.
L'idée est aussi de restaurer des écosystèmes et de renforcer les continuités écologiques. C'est pourquoi une "ripisylve" sera aussi reconstituée le long de la Vesdre. La "ripisylve" est la formation boisée, buissonnante et herbacée présente sur les rives des cours d’eau. Véritable lien entre le milieu aquatique et terrestre, elle stabilise les berges, filtre les polluants, offre des habitats pour la biodiversité et ombrage l’eau.
Les nombreux arbres permettront aussi de lutter contre les canicules qui risquent, elles aussi, d'être plus fréquentes à l'avenir.
60 millions d'euros investis
Derrière cette transformation : un énorme investissement public. Au total, près de 60 millions d’euros sont mobilisés via les fonds FEDER et le plan de Relance de la Wallonie pour les communes sinistrées.
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