C’est un procès qui marque bien la dérive d’une certaine jeunesse, pas nécessairement récente, d’ailleurs. Un jeune homme de 19 ans, abreuvé d’alcool et de drogue, a mis le feu à un garage à Waimes, mettant ainsi en péril la vie d’une dame.
Le 14 mai 2023 a lieu à Waimes une fête à laquelle se présente Jules, un jeune homme de 19 ans déjà bien imbibé, selon des témoins. Il ne tarde pas à en être jeté dehors, après avoir provoqué l’un ou l’autre incident. Il va alors s’étendre dans un champ avant de reprendre en stop sa route qui le mène rue du Lac à Waimes. La caméra d’un restaurant le filmera sortant d’un garage un casier de bière à la main, puis s’asseyant dessus, contemplant le début d’incendie qui embrase le garage dont il vient de sortir . Très vite, le feu s’empare des deux maisons voisines, dont l’une est inoccupée, mais l’autre où dort une dame qui sera sauvée in extremis par les secours arrivés promptement sur place. Il est à ce moment 1h10 du matin.
Un visage d'halluciné
Deux ans plus tard, le voilà confronté au tribunal correctionnel, où il doit répondre d’incendie criminel. Son interrogatoire tourne court, car il prétend n’avoir pas le moindre souvenir de cette soirée et encore moins d’avoir allumé un feu. Ce qui n’est peut-être pas étonnant car l’enquête a démontré qu’il avait déjà bu pas mal chez une amie avant de se rendre à la fête, et même durant la journée. Et consommé de la drogue ? Du cannabis seulement, mais pas de la cocaïne dont il est aussi adepte, pas ce soir là en tout cas, admet-il. Ce que semble contredire la déposition d’un témoin disant qu’il l’avait trouvé halluciné et les yeux injectés, ce qui n’est pas l’effet du cannabis.
5 incendies vécus dans une si courte vie
Mme Elodie Herman, ministère public, n’a donc aucune peine à établir sa culpabilité, renforcée par le fait qu’il aura vécu dans sa courte vie pas moins de cinq incendies, ce qui n’est pas courant pour la plupart des gens. Lui admet en avoir vécu trois, deux « accidentels » et un troisième dont sa mère a été accusée et condamnée pour ça. Mais celle-ci admettra plus tard qu’elle s’en était reconnue l’auteur pour préserver son fils qui en était le véritable auteur.
Pour le ministère public, il est miraculeux que cet incendie criminel ne se soit pas terminé tragiquement. Il conteste aussi les dires du prévenu selon qui l’incendie aurait pu être causé par un mégot de cigarette mal éteint, l’expertise établissant que le feu avait pris en hauteur dans des cartons et des pellets à l’aide d’une flamme vive, comme celle d’un briquet. Il réclame une condamnation à 4 ans de prison ferme.
La défense du jeune homme sera présentée par Me Cochart à une audience prochaine.
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