C’est un cas peu banal qui s’est présenté au tribunal correctionnel de Verviers, celui de ce qu’on appelle une mule, c’est-à-dire quelqu’un qui prête son compte bancaire pour faire transiter des fonds en participant ainsi à une énorme arnaque.
Denise (prénom d’emprunt) est une jeune femme de 23 ans qui est contactée un jour par téléphone par un certain Idriss. Ce dernier parvient à l’embobiner jusqu’à devenir son petit copain. Il parviendra au fil du temps à la convaincre de lui prêter sa carte bancaire et son compte pour faire transiter de l’argent qu’il qualifiera de facile.
Une arnaque classique
C’est évidemment d’une arnaque devenue classique dont il s’agit. Se faisant passer pour un agent de la banque, Idriss contacte des clients de la banque surtout en Flandre et obtient ainsi les coordonnées bancaires de ceux-ci et se met à vider leur compte, jusqu’à 20.000 euros pour l’un d’eux, pour un total de quelque 34.000 euros !
C’est ainsi qu’aboutit sur le compte de Denise la somme rondelette de 4.900 euros, ce qui étonne et inquiète la jeune femme. Lorsqu’elle fait cette découverte, Denise a le réflexe de téléphoner à l’expéditeur, qui parviendra à récupérer la somme.
Coauteur ou victime ?
Alors, Denise est-elle coupable d’avoir participé à cette arnaque de grande ampleur, puisqu’il n’y a pas de préjudicié et qu’elle n’a même pas vu la couleur de cet argent ? Pour Mme Albert, ministère public, elle est quelque part coauteur de l’arnaque, puisqu’en prêtant son compte à Idriss, elle savait que c’était pour gagner de l’argent facile, autant dire volé. « Un phénomène inquiétant » dira-t-elle en réclamant une peine de travail de 100 heures.
Mais son avocate réclamera son acquittement, car Denise a fait preuve d’un désistement volontaire, ce qui a permis l’arrêt de la fraude, et qu’elle n’a jamais touché à l’argent. Ce qui consiste en droit une excuse absolutoire.
« Mais vous vous rendez compte que si l’argent avait disparu, vous pourriez être condamnée à le rembourser ? » lui fait remarquer le juge. Pour une jeune femme sans travail ni aucun revenu qui vit chez sa mère, cela aurait représenté une belle catastrophe.
Quant à cet Idriss, il n’a évidemment jamais été identifié. Jugement en avril.
Sur le même sujet
Recommandations
Il risque 5 ans de prison ferme pour l’enlèvement brutal de sa fille
Double fracture du crâne pour un bébé suite aux violences d’un homme