C’est un cas assez rare mais interpellant que le tribunal correctionnel a eu à connaître, celui d’un homme de 33 ans atteint d’une phobie sociale au point d’être reconnu comme handicapé. Et de tomber dans la pédopornographie.
C’est détenu que Kylian (prénom d’emprunt) s’était présenté devant le juge qui ne cache pas sa perplexité devant la personnalité du bonhomme. Ce dernier vit en reclus, coupé de sa famille à part sa mère, et de toute la société, passant ses journées et ses nuits sur son ordinateur. Et c’est probablement un membre de sa famille qui avait prévenu la police de la déviance de Kylian, à savoir la consultation de sites pédopornographiques.
La perquisition qui s’ensuit permet de découvrir sur son ordinateur seulement 4 images carrément pédopornographiques, mais aussi une quantité de liens avec des sites de même nature, qui remontent à sa majorité pénale, c’est-à-dire plus de 15 ans ! Et aussi des masses de photos de très jeunes filles en bikini pêchées sur Facebook. « Je suis intéressé par les petits corps » confiera-t-il aux policiers.
Parasite de la société
En plus, il était poursuivi pour diffusion d’images, ce qui est qualifié de crime dans le code pénal. Là, devant le tribunal, il avait tempéré : « Je n’ai jamais qu’une fois envoyé deux-trois images à un contact ». Il reconnaissait aussi avoir perdu la notion du réel et être tombé dans un cercle pervers et dans l’alcoolisme. « Je buvais jusqu’à 9 litres d’alcool par semaine »
Pour Mme Troisfontaines, ministère public, la pédopornographie est une chose que la société ne peut tolérer et encore moins comprendre. « Même si la nature humaine révèle souvent des côtés très mauvais et malsains, il faut être fameusement perturbé pour être attiré par des enfants de moins de dix ans, et parfois beaucoup moins » avait-elle dit en traitant Kilian d’être antisocial et de parasite de la société « Vous ne servez à rien ni à personne » avait-elle dit en réclamant 18 mois de prison ferme.
Le vilain canard de la famille
Pour son avocate, Me Lambotte, il s’est renfermé sur lui-même jusqu’à ne plus se rendre compte de ce qui était légal ou pas. Il a compris depuis lors ce qui l’avait amené là, un passage dans le secondaire qui s’est avéré difficile, jusqu’à le priver d’une adolescence normale. Il s’est enfermé dans une spirale infernale, qui l’amené à devenir le vilain canard de la famille, le menant à un manque affectif évident. Il a compris tout ça, mais pour en sortir, il a besoin d’un suivi de la part de professionnels, d’autant plus que le risque de récidive est estimé de faible à modéré. C’est pourquoi elle avait sollicité un sursis probatoire.
Une demande à laquelle le tribunal a été favorable, puisqu’il accorde un sursis sous conditions pour le surplus de la détention préventive, soit 4 mois, à la condamnation à un an de prison qu’il prononce.
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