Un couple est poursuivi devant le tribunal correctionnel pour avoir planqué leurs trois enfants au Maroc, alors que ceux-ci faisaient l’objet d’une ordonnance de placement par la justice. Ce qu’on appelle un rapt parental.
Le couple faisait l’objet depuis 2016 d’une surveillance du SAJ (Service d’aide à la jeunesse) qui considéraient leurs trois enfants (et bientôt un quatrième) en danger car le père, Abdel, 42 ans et la mère 38 ans Christine (prénoms d’emprunt) étaient tous les deux addicts, lui à la drogue, elle à l’alcool. Et Abel en outre compte 14 condamnations, dont une à 30 mois de prison pour trafic de stups et violences familiales.
Le 25 mai 2023 tombe un jugement du tribunal de la Jeunesse ordonnant le placement des trois enfants, âgés à ce moment de 4 ,7 et 11 ans. Des enfants devenus introuvables car le couple avait la réputation de changer souvent d’adresse. Dans l’école de Dison qu’ils fréquentaient, on ne les avait plus vus non plus depuis quelque temps.
L'intention de s'établir au Maroc
Ce n’est qu’en août, à l’aéroport de Charleroi, qu’Abdel se fera coincer lors d’un contrôle. Il dira alors que ses enfants se trouvent au Maroc avec leur mère dans sa famille, et qu’ils avaient bien l’intention d’y rester, car ils contestaient le jugement. Il dira aussi qu’ils étaient partis trois jours avant le jugement, mais que lui n’avait pu partir en raison de papiers pas en ordre.
Absents au tribunal, le ministère public réclame 2 ans de prison pour Abdel, 18 mois pour Christine. Plus 8 mois pour Abdel, poursuivi également pour le vol avec violence du téléphone de Christine, qu’il a arraché de ses mains.
Rapt ou pas rapt ?
Mais pour leur avocat Me Cochart, les choses ne sont pas si évidentes. Lorsqu’ils sont partis, trois jours avant le jugement, ils jouissaient encore de leur droit parental. Ils avaient comme projet de vie de s’établir au Maroc. On ne peut pas dire dès lors qu’il y a eu rapt. Ni même qu’ils ont fait obstacle à l’exécution du jugement, puisque le père a tout fait pour les rapatrier, ce qui a été le cas. Il demande donc leur acquittement de ce chef. De même pour le téléphone, qu’il a pris des mains de Christine dans un mouvement de colère, mais qu’il a remis aussitôt dans la boîte aux lettres, on ne peut donc pas parler de vol. Jugement dans un mois.
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