Depuis plusieurs années déjà, des Espaces Publics Numériques soit EPN, ont ouvert leurs portes en Wallonie. Objectif : réduire la fracture numérique. Le tout sans débourser un centime.
En Wallonie, les Espaces publics numériques (EPN) existent depuis plus de vingt ans. On en compte aujourd’hui 217, répartis dans 159 communes. Leur mission : offrir à chacun un accès gratuit à l’informatique, à Internet et surtout à un accompagnement.
À Aubel, cet espace se trouve au premier étage du centre culturel et compte une dizaine d'ordinateurs. C'est là que depuis deux ans, Roger Ernst, ingénieur à la retraite, vient plusieurs fois par semaine. Il consacre bénévolement une partie de son temps à former toutes personnes qui le souhaitent aux outils numériques.
« Nous accueillons tous les publics »
Roger Ernst voit passer des profils très différents. Des élèves, des bénéficiaires du CPAS, des adultes en réinsertion, mais surtout un public de personnes plus âgées.
Cela peut être des personnes du CPAS, de Saint-Paul, des associations locales, des écoles aussi. Ici, nous réunissons les élèves à partir de la 3e primaire jusqu’à la 6e primaire. Mais aujourd’hui, le public habituel, ce sont effectivement des gens plus âgés.
Jamais trop tard !
À 81 ans, Wilfried Scouflaire est depuis plus d’un an un élève de Roger, un élève régulier et pour le moins appliqué !
J’ai acheté un ordinateur il y a six ou sept ans, donc je suis fort en retard. Certains ont commencé beaucoup plus tôt que moi. Moi, j’ai commencé vers 75 ans, parce que je voulais faire mes paiements bancaires, recevoir des mails et en envoyer.
Aujourd'hui, il est venu chercher de l’aide pour enregistrer un texte généré par l'intelligence artificielle.
Je suis venu chercher comment enregistrer un texte, une traduction passée par l’intelligence artificielle. J’ai pris toute une page de notes. Si je quittais ici sans avoir tout noté, je ne saurais plus. Donc je dois noter. Si j’oublie un chaînon, il faudra revenir et demander à Roger.
Un déficit d’information et beaucoup de craintes
Malgré leur utilité, les EPN restent encore trop méconnus et sous-fréquentés. À Aubel, le formateur pointe un réel problème de communication.
On vient de faire un toutes-boîtes dans toute la commune, mais on n’en parle pas encore assez. Les gens ne connaissent pas les EPN. Je dois leur dire : “Parlez-en autour de vous mais le bouche-à-oreille ne suffit pas. Il y a un véritable déficit d’information. Les gens ont peur. Peur de mal s’exprimer, peur de ne rien savoir. Or ce sont précisément ces personnes-là que nous visons.
La peur du jugement, la crainte de paraître ignorant, mais aussi la complexité perçue du numérique sont autant de freins à la fréquentation de ces espaces.
Réduire la fracture numérique
Au-delà des accompagnements individuels, les EPN proposent aussi des formations en groupe et des ateliers thématiques : réseaux sociaux, décryptage des fake news, intelligence artificielle, démarches administratives en ligne…
L’objectif est clair : développer un usage critique, éclairé et autonome des outils numériques. Dans une société où la digitalisation progresse rapidement, ces structures de proximité jouent un rôle essentiel pour éviter que certains publics ne soient laissés de côté. Un rôle social fondamental, d’autant plus précieux que tous les services proposés par les Espaces publics numériques sont entièrement gratuits.
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