À l’occasion de la Semaine de l’Arbre, la Maison du Parc de Botrange a proposé un atelier de vannerie destiné à fabriquer des mangeoires pour oiseaux. Une activité à la croisée, entre tradition artisanale et sensibilisation à la biodiversité.
Sur le plateau des Hautes-Fagnes comme ailleurs, le saule à oreillette a longtemps été utilisé pour le travail de la vannerie. Autrefois, il représentait une activité courante dans les fermes, lorsque les travaux au champ se faisaient plus rares comme l'explique Virginie Schoenmaeckers, fondatrice de Végétalise.
Je pense que dans toute ferme, c’était des activités d'hiver qu’on faisait quand il n’y avait plus de travail au champ. C’était beaucoup de vannerie utilitaire. Aujourd’hui, avec le renouveau de la vannerie, il y a aussi beaucoup d’intérêt pour tout ce qui est plus artistique ou contemporain. On va tresser sous d’autres formes.
Quand nature et tradition vont de pair
L’activité proposée consistait à tresser une mangeoire pour oiseaux, permettant à la fois de s’initier au travail manuel et d’encourager la biodiversité autour de chez soi. Une idée qui a séduit de nombreux participants comme Dominique.
J’avais fait de la vannerie quand j’étais adolescente et j’avais adoré. Donc c’était l’opportunité de joindre l’utile à l’agréable puisque j’aime bien observer les oiseaux dans mon jardin et leur donner à manger. Fabriquer des mangeoires et des nichoirs, c’est une activité qui m’intéresse.
Une matière "vivante" qui demande respect et patience
Quand Virginie Schoenmaeckers ne donne pas des ateliers d’initiation à la vannerie, elle cultive ses propres arbres, réalise divers objets du quotidien ou encore œuvre à l’aménagement d’espaces verts en intégrant des structures vivantes en saule tressé. Sensible à cet arbre et à toutes les richesses qu’il a à offrir, elle a fait du saule son partenaire et la matière première de toutes ses créations….
J’ai toujours aimé travailler de mes mains, réaliser et concrétiser quelque chose. Je trouve que dans ce monde où tout devient assez abstrait, revenir à l’essence et à la matière, ça fait beaucoup de bien. Je suis rentrée par le biais de l’osier vivant dans les constructions en extérieur, puis au fur et à mesure, je suis venue à la vannerie plus traditionnelle. Et ça continue.
Comme tout travail manuel, il faut une certaine patience. Plus on s’entraîne, plus on acquiert de la dextérité. C’est un matériau robuste, ce sont des brins de bois assouplis qui demandent une certaine force. Mais dès qu’on a suffisamment de puissance dans les mains, vers 14–15 ans, on peut créer quelque chose assez facilement.
On a déjà bien avancé et progressé en quelques minutes - nous confie Alain. Elle explique très bien et on a compris le principe. Maintenant, pour les finitions, ce sera plus délicat, mais ça va bien. Ce que j’apprends là, je pourrai le transmettre à mes petits-enfants. Donc voilà, c’est double motivation !
La vannerie, un art vieux comme le monde, connaît un regain d’intérêt. Dans une société où d'aucuns aspirent à consommer autrement et à renouer avec la nature et le vivant, elle apparaît plus pertinente que jamais.
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