Une trentaine de loups sont recensés dans les Hautes Fagnes. Face à leur présence, les éleveurs doivent adapter leurs pratiques. A Jalhay, François Hendricks a fait le choix de chiens de protection de troupeaux. Depuis, il a retrouvé la sérénité.
Vous ne les voyez pas encore. Les chiens sont dans l’étable, au plus près du troupeau, avec lequel ils ont grandi. Mais à la moindre menace, ces bergers d’Anatolie sortent pour le défendre. Utilisés pendant des siècles, les chiens de protection font leur retour chez nous, comme le loup avant eux.
"Le loup est ici, à 50 mètres"
François Hendricks, éleveur à Jalhay, a fait le choix de ces chiens voilà un an et demi. « Le loup est ici, à cinquante mètres, en permanence. J’ai un ami qui le photographie quasiment tous les jours », explique-t-il.
En septembre 2020, il subit une attaque sur un jeune veau. « On n’a retrouvé que la tête et deux pattes. Il s’est avéré que c’était bien le loup. »
Grâce aux chiens, il a retrouvé la sérénité
Ses chiens veillent jour et nuit sur la centaine de bêtes, qui pâturent, hors période hivernale, sur 25 hectares autour de la ferme. Leur arrivée a permis à l’éleveur jalhaytois de retrouver la sérénité : "C'est mon plus grand confort, c'est terminé le stress de se dire : "Qu'est-ce qui va se passer ?" Du jour au lendemain. À partir du moment où j'ai eu des chiens, jamais plus je n'ai pensé au loup et ça, ça n'a pas de prix".
Une méthode éprouvée chez nos voisins
En France, 7.000 chiens protègent les troupeaux. Parmi les pionniers, Yves Lachenal. Éleveur de chèvres, il utilise ces chiens depuis 20 ans. C’est lui qui a formé François Hendricks, dans le cadre des formations organisées par Natagriwal.
"C'est la meilleure solution pour l'instant qu'on a trouvée, explique le formateur, Yves Lachenal. L'avantage du chien, c'est qu'il travaille 24 h sur 24, samedi et dimanche. Il n'y a pas besoin de pile à recharger, ni rien du tout quoi".
Une cohabitation à apprendre
Sélectionnés pour leur force et leur autonomie, ils doivent être capables de réagir seuls, sans l’éleveur ou le berger. Une efficacité qui impose certaines règles de prudence pour les promeneurs et les cycliste. Des panneaux d’information ont été installés afin d’expliquer les bons comportements à adopter.
"Le retour du loup c'est bien pour pas mal de gens, signale Yves Lachenal. Mais les seuls qui sont impactés, ce sont les éleveurs. Et pour qu'on y arrive, il faut accepter qu'on ne peut plus faire tout ce qu'on veut n'importe où. Là, il faut bien prendre conscience que si vous arrivez ici, c'est comme si vous entriez dans la maison des chiens. Si vous courez, arrêtez de courir, vous pouvez continuer à marcher. Si vous êtes en vélo, descendez. Le chien va pouvoir identifier que vous êtes un humain. Et n'essayez pas de semer le chien avec le vélo, il va courir plus vite que le vélo, ça c'est clair".
Un investissement à charge des éleveurs... pour le moment
Si les clôtures contre le loup sont subventionnées, l’achat et l’entretien des chiens de protection ne le sont pas encore. Contrairement à la France. Et autant le dire : avec leurs 50 kilos de muscles, ces chiens mangent nettement plus que des chihuahuas…
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