Originaire de Han-sur-Lesse et installé à Sourbrodt, Samuel Letêcheur explore les Hautes Fagnes depuis vingt ans. Autodidacte, il en révèle la beauté sauvage dans l’expo « Lumières et Silences » à Botrange jusqu’au 30 juin.
Lorsque Samuel Letêcheur sillonne les Hautes Fagnes, son appareil photo n’est jamais loin. Installé à Sourbrodt, le photographe capture la nature sauvage de la région, sans oublier ses caprices météorologiques si caractéristiques. Une sélection de ses clichés est visible jusqu’à la fin juin au centre du parc naturel de Botrange, dans le cadre de l’exposition « Lumières et Silences des Hautes Fagnes ».
L’automne et l’hiver, ses saisons de prédilection
Les Fagnes se dévoilent dans toute leur magnificence sous son objectif, particulièrement à l’automne. « Les teintes automnales s’accordent parfaitement avec le paysage. Elles créent des contrastes qui mettent encore davantage en valeur la beauté du parc naturel », confie-t-il. Dans la région, l’automne possède une atmosphère bien singulière : aux couleurs flamboyantes s’ajoute le brouillard, élément emblématique qui occupe lui aussi une place de choix dans ses compositions.
L’hiver figure également parmi ses saisons de prédilection, surtout lorsque la neige transforme le paysage. À l’inverse, l’été le séduit moins : il estime que la lumière y est souvent plus dure, notamment en juin et en juillet, ce qui rend les images moins nuancées.
Un style minimaliste pour suggérer l’émotion
Son style se caractérise par une grande sobriété et un minimalisme assumé. Ses photographies vont à l’essentiel, laissant le sujet s’imposer d’emblée. « Cela ouvre aussi un espace à l’imagination. On ignore ce qui entoure la scène. On perçoit ce qui est montré, mais le reste demeure hors champ », explique Samuel Letêcheur.
Réussir une photo tient parfois à un concours de circonstances : être au bon endroit, au bon moment, avec la lumière idéale. « Mon objectif est de transmettre, autant que possible, l’émotion ressentie sur place. J’essaie de restituer cette sensation. » Une ambition complexe, car, selon lui, aucune image ne peut égaler pleinement l’intensité de l’instant vécu. « L’expérience sur le terrain reste toujours plus forte que la photographie. »
Une quête d’images sans fin
Autodidacte, Samuel Letêcheur ne vit pas de la photographie : il la pratique par passion. Originaire de Han-sur-Lesse, il réside à Sourbrodt depuis un peu plus de deux ans. Bien qu’il connaisse déjà les Hautes Fagnes, il estime que l’exploration est loin d’être achevée. « Je cherche constamment de nouveaux endroits, moins connus, pour y découvrir des merveilles comparables à celles des sites plus célèbres. »
Il privilégie les moments de calme, lorsque la foule se fait rare, souvent à l’aube. Le lever du soleil et la lumière qui l’accompagne constituent pour lui des instants privilégiés. « Je souhaite aussi révéler la diversité du paysage, montrer des aspects du plateau qui ne se limitent pas au sommet que tout le monde connaît. »
Qu’il neige, qu’il pleuve, que le brouillard s’installe ou que le froid devienne mordant, il répond présent. Photographier les Fagnes exige de braver les éléments — une réalité que Samuel Letêcheur connaît parfaitement.
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