Une exposition unique consacrée aux presse-papiers du Val Saint-Lambert se tient aux Musées de Verviers. « L'illusion du merveilleux » propose un voyage à travers différentes époques du savoir-faire verrier belge.
De petites sphères en cristal et un travail d'orfèvre à l'intérieur. Ces presse-papiers du Val-Saint-Lambert passent parfois inaperçus. Pourtant, ils ont une valeur insoupçonnée. Au début du XIXᵉ siècle, posséder un objet de la célèbre cristallerie faisait son effet. « Tout le monde n'a pas les moyens de se payer un beau vase, révèle Jean-Jacques Messiaens, Commissaire de l'exposition. Donc on se paye un presse-papiers, il faut dire que ça a un côté utilitaire qui au fil des ans a disparu. C'est devenu une pièce artistique mais il y avait aussi des productions très populaires, parfois offertes à l'occasion de communion, d'un départ à la pension ou données à l'instituteur. »
Entre motifs délicats et jeux de transparence, c'est tout le savoir-faire verrier belge qui se révèle. « Il y a, à la fois, la taille mais il y a aussi ce qu'on appelle les millefleurs qui sont des bonbons, des espèces de segments qui sont coupés dans de fines tiges de verre coloré et là, il y a effectivement un savoir-faire puisque non seulement, il faut savoir faire ces bonbons qu'on appelait en wallon « macrâles » et les mettre dans une boule et revenir avec ce qu'on appelle la paraison », poursuit Jean-Jacques Messiaen.
Si chaque pièce affiche précision et technicité, c'est surtout la lumière qu'elle dégage qui attire le regard. « Le cristal du Val a une luminosité remarquable, confirme Jean-Jacques Messiaen. Par rapport à d'autres productions notamment de Bohème ou françaises comme Saint-Louis et Baccarat, il y a une technique au Val qui fait qu'elle accroche mieux la lumière que les autres productions étrangères. »
Intarissable sur le sujet, Jean-Jacques Messiaen partage sa passion à des visiteurs conquis. « C'est juste waouw, confie cette visiteuse. Ce qui est très intéressant, c'est la façon dont il a exposé les objets en les reliant entre eux par période ou avec les pièces de porcelaine et en faisant le parallèle entre les pays et le Val qui est important ici. » « Moi, j'accompagne, je découvre et je trouve ça très joli, ce sont de beaux objets. »
De beaux objets qui témoignent aussi de la vie dans les ateliers avec ces bousillages. « Bousiller, c'est travailler un peu hors des normes, travailler après journée et au Val-Saint-Lambert, on laissait les ouvriers travailler en se disant : « ils se font la main, ils font des essais, ils font des choses qui peuvent nous être utiles. » Et ces pièces, réalisées entre la poire et le fromage, les ouvriers pouvaient les garder. Parfois, ils les donnaient au médecin sous forme de paiement, on avait une boule presse-papiers et c'est comme ça que vous avez des médecins qui avaient des collections de boule presse-papiers. »
Cette plongée fascinante dans « L’illusion du merveilleux » est à découvrir aux Musées de Verviers jusqu’au 31 mai.
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