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Les Provinciales disparaissent : une page d'histoire se tourne

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 05 juin 2020 17:11  |   Verviers


Il n’aura manqué que quelques années pour qu’il devienne royal, le club verviétois de gymnastique rythmique "Les Provinciales" cesse ses activités, 47 ans après avoir débuté ses activités. En 1973, Georges Bonaventure et plusieurs étudiantes de l’IPES créaient les prémisses d’un club de gymnastique artistique, au sortir d’un congrès, et à peine cinq ans plus tard, il se spécialisait en gymnastique rythmique. Deux ans après l’arrivée du couple Gaillard au sein de celui-ci, avec leurs filles, Martine et Sabine. 

L’Eurygym Cup, les années d’or

Et alors que son épouse devient petit à petit juge international, Adolphe Gaillard et son entourage imaginent l’organisation d’un tournoi international de renom, qui va placer petit à petit Verviers sur la carte gymnique européenne. D’abord organisé à Dolhain, puis même au Casino de Spa, il deviendra l’Eurygym Cup en 1991. Avec trois implantations successives: l’Athénée Thil Lorrain, l’Athénée Verdi, puis le hall d’Ensival. "L’âge d’or du tournoi se situe entre 1992 et 2000", explique Adolphe Gaillard, président du club depuis 1999. "Les Bulgares furent les premières gymnastes de l’est à participer à l’événement, puis les Russes et les Roumaines suivront, notamment avec l’avènement d’Elena Chalamova, qui remportera quatre fois le concours, avant d’être médaillée d’or par équipes aux Jeux Olympiques (ndlr: où Arlette Gaillard officia comme juge)".  Et c’est au contact de ces grandes championnes et grâce à la venue d’entraîneurs étrangers, comme Blanka Chuchlerova, que le club va permettre l’émergence de plusieurs talents. "La première fut sans conteste Frédérique Donnay", soutient Adolphe Gaillard. "Milieu des années’90, elle a pris part à un championnat d’Europe et un mondial; puis, ce fut Géraldine Tang Quynh, la figure emblématique du club, alignée elle aussi sur plusieurs championnats internationaux, et championne de Belgique: elle remporta même un tournoi en Bulgarie, en 2002... Et il faut encore citer Donatienne Geron ou Catherine Gerontitis".  A l’époque, la venue de ces filles de l’est était perçue comme un événement majeur par la population verviétoise, eu égard au mystère qui entourait quelque peu ces sportives, après la chute du Mur de Berlin, et l’effondrement du bloc soviétique. Et ce que représentait leur statut international dans leur sport.

Le début de la fin

En 2008, la fusion des fédérations va précipiter une sorte de premier déclin du club, deux ans avant la 25e et dernière édition de l’Eurygym Cup. Pour demeurer au niveau qui était le sien, le comité aurait dû faire exploser le coût des cotisations, ce qui allait à l’encontre de l’esprit non-élitiste et familial des Gaillard and co. "Cette fusion nous a contraint à descendre en division 3: cela n’avait forcément plus trop la même saveur, même si toutes les filles sont quand même restées".  Récemment privé d’une salle, suite à un accord politique, Adolphe Gaillard ne se sent plus la force de prendre son bâton de pèlerin, à l’âge de 79 ans... et il n’a malheureusement trouvé personne pour lui succéder, malgré des appels répétés depuis quatre ans. Qui plus est, les moniteurs ne veulent pas poursuivre l’aventure si le couple Gaillard ne va pas plus loin. "Pour les 140 jeunes filles qui restent sur le carreau, il y a néanmoins quelques portes de sortie possibles, malgré la crise que traverse la discipline: pour le groupe de compétition, je leur ai conseillées de rejoindre Soumagne ou Grivegnée, où les monitrices sont d’anciennes membres du club. C’est aussi à Grivegnée que nous avons vendu nos praticables. Pour les autres, il y a bien sûr le club de la Vaillante, à la salle de Don Bosco".  Malgré plus de 40 titres de champions de Belgique, l’organisation de 25 Eurygym, et la participation de ses meilleurs éléments à six Euros et trois Mondiaux, les Provinciales tirent leur révérence...sans même pouvoir dire adieu de manière un peu festive. En raison de la pandémie. Une soirée de gala était initialement prévue le 31 mai.  L’adieu semble bien morne et pourtant, les Provinciales demeureront dans l’histoire gymnique francophone comme le club de rythmique le plus en vue, et l’Eurygym comme l’événement international verviétois par excellence dans les années’90, dans le domaine du sport. (LS)










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