Un Spadois de 34 ans est poursuivi au tribunal correctionnel pour le viol d’une fille de 14 ans qui lui faisait pourtant confiance. Lui parle d’un dérapage, qui pourrait toutefois lui coûter cher.
L’histoire se déroule dans un village de la région spadoise, le 19 novembre 2022. Ce jour là a lieu une organisation assurée par un comité de bénévoles qui consiste à une coupe de sapins de Noël pour décorer le village, et dont Noé (prénom d’emprunt) 34 ans est un membre actif et important. Ce jour-là, en fin de journée, il se retrouve seul avec Laure (idem) 14 ans, la fille d’un ami, qui le considère comme un confident et un tonton. Pourtant, Noé dira qu’il a toute la journée cherché à prendre ses distances avec elle, car elle était pour lui un véritable pot de colle, comme il dira.
C’est alors qu’a lieu entre eux une conversation que Noé dira plus tard avoir mal interprétée. Laure lui confie en effet toute la jalousie qu’elle éprouve vis-à-vis de sa sœur de 12 ans qu’elle trouve trop présente envers lui à son goût. Noé y voit une sorte d’avance de Laure, et se sentant flatté, tente un bisou dans le cou de la fillette. Puis lui introduit la main dans sa culotte et dans son sexe, ce que la gamine, offusquée, refuse tout net.
Les chapelles l'ont fait craquer
« On en est resté là » dit-il devant le tribunal correctionnel où il est poursuivi pour viol et d’incitation à la débauche d’une mineure d’âge. Resté là ? Pas vraiment, puisque quelques heures plus tard, il lui adresse un message où il dit avoir envie d’elle, et surtout lui demande une photo d’elle nue « afin de se soulager » et lui envoie une photo de son sexe en érection. « J’avais beaucoup bu, car on avait fait quelques chapelles. « J’ai craqué » dit-il en affirmant n’avoir pas d’attirance pour les jeunes filles.
Son premier contact avec un homme
Mais pour Me Campagna, partie civile, les conséquences pour Laure sont importantes. « C’est compliqué pour elle, car lors des faits, elle était tétanisée par ce qui se passait, et a à plusieurs reprises manifesté son refus, car c’était son premier contact avec un homme. Elle a été choquée et traumatisée par l’envoi de la photo de son sexe, et depuis lors elle cache sa féminité alors qu’elle était coquette auparavant. Elle en éprouve encore des crises d’angoisse, des cauchemars, une perte de sociabilité et est victime de rumeurs dans ce village où tout le monde se connaît. » Elle réclame 5.000 euros de réparation, tandis que sa mère, qui a dû gérer seule tout ça, et notamment 13 consultations chez un psy, réclame 4.500 euros.
Un simple dérapage
Mme Catherine Herman, ministère public, se montre cinglante vis à vis de de Noé, qui ne démontre aucune empathie vis-à-vis de Laure, et se montre même arrogant lorsqu’il déclare qu’elle se pendait à son cou comme un petit chien et qu’elle était amoureuse de lui et qu’il la percevait comme une gamine tout le temps dans ses pattes. Et ne semble pas prendre conscience du mal qu’il a fait, de la trahison de la confiance qu’elle avait en lui, car il n’est même pas demandeur d’une prise en charge.
Elle réclame 4 ans de prison ferme
Ce que son avocat Me Van Nuffel tente de lui éviter en plaidant pour une peine de probation, c’est-à-dire des conditions à suivre sans sanction à la clef, pour ce qu’il appelle un simple dérapage. « Est-il un délinquant sexuel, un prédateur déviant pour la cause? Non, il a dérapé une fois dans sa vie et en est bien conscient et le regrette. Il est décrit par tout le monde comme généreux, serviable et attentif aux autres. » Jugement en avril.
Sur le même sujet
Recommandations
3 ans de prison ferme pour agressions à connotations homophobes
Il risque en théorie 2 ans de prison pour une bagarre lors de la brocante de Verviers
Un délai incroyable pour juger un père accusé d’attouchement sur sa fille
3 ans de prison dont un ferme pour atteinte à l’intégrité sexuelle de sa belle-fille
2 ans de prison, avec sursis probatoire, pour la diffusion d’images pédopornographiques
Il risquait 5 ans de prison mais écope de 2 ans pour l’enlèvement brutal de sa fille