Un homme de 38 ans était poursuivi devant le tribunal correctionnel pour détention et diffusion d’images pédopornographiques. Il risquait 3 ans de prison ferme, mais écope de 2 ans avec sursis probatoire ainsi que d’une solide amende
Ce n’est pas la première fois qu’André (prénom d’emprunt) était poursuivi et condamné, puisqu’il a déjà été condamné pour ce motif en 2019 à 18 mois de prison avec sursis probatoire. Ce qui ne l’a pas empêché de récidiver en 2022, année où il a été détecté à envoyer de tels documents à d’autres.
L'effet miroir
Devant le tribunal où il comparaissait libre, il affirmait être retombé dans son travers à cause du covid. Il a consulté un ancien site pour adultes, et il s’est mis à pleuvoir des images non sollicitées de jeunes filles dont il ne pouvait situer l’âge précisément, et parmi lesquelles se trouvaient des mineures. Il contestait cependant en avoir volontairement diffusé, se disant être victime d’un processus compliqué à décrire connu sous le nom d’effet miroir, c’est-à-dire que le véritable diffuseur était celui qui lui envoyait ces images. Il estimait avoir fait des progrès suite au traitement suivi après la première affaire. A ce sujet, le rapport fait par un centre spécialisé était plus que mitigé.
De l'enfumage selon le ministère public
Des explications qui selon Mme Hortelan, ministère public, ne tiennent pas la route. « Il essaye de nous enfumer, c’est un champion de la dissimulation. La diffusion était techniquement impossible sans l’intervention d’André. Il savait très bien ce qu’il faisait. » Elle avait rappelé qu’il avait déjà été condamné pour détention de plus de 10.000 images pédopornographiques, qu’il consultait des sites en Hollande et a eu des conversations d’ordre sexuel avec des mineures. Et que le rapport d’expertise est inquiétant. Elle réclamait 3 ans de prison ferme.
Obsédé par la reine des neiges
Mais son avocat Me Wynants avait sollicité son acquittement au bénéfice du doute. « Sa part d’ombre, c’est d’être obnubilé par les jeunes filles, il faisait par exemple une fixation sur la Reine des neiges. Il est retombé dans son travers en consultant un site d’adultes, en recevant des photos de jeunes filles dont il ne pouvait discerner l’âge réel, mais qu’il n’a pas diffusé volontairement à cause de cet effet miroir. Mais depuis lors, il a bien évolué, grâce à la thérapie qu’il convenait de poursuivre. Il y a encore du boulot avec lui. La prison ne résoudra rien, il a un boulot, une vie sociale.
Pour l’acquittement, c’est raté, car le tribunal a condamné André à 2 ans de prison et une solide amende de 4.000 euros. Mais l’avocat a été suivi dans la mesure où la peine de prison est assortie d’un sursis sous conditions, dont celle de poursuivre sa thérapie assidûment.
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