Deux individus sont actuellement en prison et ont comparu devant le tribunal correctionnel pour le vol d’une… télévision. Il faut dire qu’ils ont raconté des carabistouilles et sont aussi en séjour illégal.
Tout commence par l’observation de la part d’une habitante de l’avenue de Thiervaux à Heusy qui repère le manège suspect de deux individus autour d’une maison voisine, et ce depuis deux ou trois nuits. Et la nuit du 21 février dernier, elle voit ces deux personnages transporter une télévision. Elle prévient la police qui intervient immédiatement et les épingle en flagrant délit. Leur défense ? Une énorme carabistouille qui consiste à déclarer qu’ils n’ont pas volé cette TV qu’ils avaient tout simplement trouvée… dans la rue ! Pas de quoi convaincre un juge d’instruction qui les met sous mandat d’arrêt, car en plus les deux suspects, tous les deux Algériens d’une trentaine d’années, sont ici en séjour illégal.
Une porte ouverte, c'est rare en Belgique
La suite logique est une comparution devant le tribunal correctionnel, où le premier prévenu avoue le vol et raconte qu’il venait de France depuis quelques jours et qu’il cherchait un toit pour dormir. Passant par là, ils ont vu la maison qui semblait abandonnée la porte ouverte. « En Belgique, c’est plutôt rare. En tant qu’Algérien, vous auriez plus facile de rester en France, car il existe un traité entre les deux pays » l’interrompt le juge » Ce à quoi il répond qu’en tant que divorcé, il serait difficile d’avoir un titre de séjour là-bas, et qu’il espérait tenter sa chance de trouver du travail en Belgique. « Ici, ce sera encore plus difficile » lui rétorque le juge. « Je vais y réfléchir » répond-il.
Un fouillis incroyable
Le deuxième prévenu est bien obligé de suivre les aveux de son compère. « On n’était pas dans notre état normal » dit-il, avouant être consommateur de cocaïne et d’alcool. « On a trouvé cette maison la porte ouverte qui était dans un fouillis incroyable. On croyait qu’elle était abandonnée » Et que comptaient-ils faire de la TV emportée ? La vendre ? « Non, on voulait l’amener chez un ami pour la regarder ensemble. » En ce qui concerne le séjour illégal, il dit être en Belgique depuis 3 ans, après avoir transité par la France, l’Allemagne et l’Italie, et qu’il a fait une démarche pour pouvoir résider chez une femme. Il envisage à sa sortie de prison de suivre une formation. « Ah, faut-il être arrêté pour commencer à y penser » s’exclame le juge.
Des explications farfelues
Bien entendu, le ministère public ne pouvait pas marcher dans leurs explications fantaisistes et même farfelues. Mme Troisfontaines note qu’ils ont préparé leur coup en observant le coin au moins deux nuits auparavant, que la porte avait été fracturée, que la maison n’était pas abandonnée si même pas habitée car son propriétaire était décédé. Elle les soupçonne d’ailleurs d’y avoir déjà séjourné. Elle réclame 8 mois de prison ferme.
Leur avocat n’a pas beaucoup d’arguments pour les défendre. Il conteste juste la qualification de vol avec effraction, supputant que la maison vide de tout occupant avait été probablement squattée, vu son état à l’intérieur, et que donc l’effraction n’est pas de leur fait et que la porte ouverte est plausible. Il sollicite donc un sursis. En conclusion, les deux prévenus présentent leur plus plate excuse. Jugement en avril.
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