En août 2023 se présente à la police une jeune femme de 24 ans à cette époque, accompagnée d’une assistance sociale, sa référente dans une ASBL qui encadre des personnes souffrant d’un handicap mental.
Et c’est le cas de la jeune femme en question, Sylvia (nom d’emprunt) qui ne dispose que d’un QI de 47, soit l’âge mental correspondant à un enfant de 10-12 ans. Et celle-ci vient se plaindre d’un viol qui aurait été commis sur elle . Avec ses mots au vocabulaire réduit, elle raconte qu’elle se baladait au marché de Malmédy lorsqu’elle a été attirée par des vêtements présentés dans un stand tenu par un chaland d’origine pakistanaise, mais qu’elle n’avait pas assez d’argent pour payer. Le marchand lui propose alors d’aller en échange boire un verre chez elle, où elle habite seule encadrée par l’ASBL, ce qu’elle refuse dans un premier temps, puis finit par accepter sur l’insistance de l’individu, sans vraiment le vouloir et surtout sans perception d’un danger éventuel.
Mais là, les choses se gâtent : il commence par lui tâter les fesses, puis lui arracher son T-shirt, en sollicitant une fellation, ce qu’elle refuse. Alors il la traîne sur un lit, lui enlève son pantalon et la viole avec un préservatif. Elle lui a dit plusieurs fois d’arrêter, qu’elle avait mal mais lui aurait répondu qu’il s’entraînait ! Puis s’en va sans autre forme de procès.
A la police, sa référente décrit une jeune femme certes atteinte d’un retard mental important mais assez équilibrée, sans problème relationnel, et ayant un travail, mais très influençable. Et qui a déjà connu dans sa jeunesse les affres d’un viol commis par ses frères.
Ils en avaient envie tous les deux
La police n’a aucun mal à identifier l’individu en question, un certain Amal (prénom d’emprunt) 32 ans, en consultant simplement la liste des exposants du marché. Qui, bien sûr, a une tout autre version. C’est ainsi qu’il prétend que Sylvia lui avait paru tout à fait normale, qu’ils avaient rigolé un long moment ensemble, et qu’elle l’avait même aidé lors de la fermeture du stand. Il prétend ensuite qu’ils avaient eu tous les deux envie de faire l’amour, et qu’il ne l’avait forcée en rien, niant tout acte de violence.
Un oiseau pour le chat
Une version qu’il a quelque peu modifiée lors de sa comparution devant le tribunal correctionnel, prétendant qu’il avait pensé qu’elle était une prostituée tout en continuant n’avoir pas perçu quelque chose d’anormal chez elle. Ce qui est contredit par une expertise de Sylvia qui évoque une locution restreinte très vite perceptible, et un récit malgré tout cohérent qui atteste sa crédibilité. Elle était incapable de percevoir le danger d’aller chez elle, c’était un oiseau pour le chat, conclut l’analyse.
Un consentement impossible légalement
C’est également ce que pense le tribunal, qui estime que Amal a profité de son état de fragilité et de vulnérabilité en raison de son retard mental important qui était bien perceptible, ce qui rend de toute façon tout consentement éventuel impossible légalement. « Il n’a pas pu ne pas se rendre compte de sa limitation dans une relation verbale, et même dans son attitude générale » estime le tribunal qui le condamne à 40 mois de prison ferme.
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