Au cours de l’été 2024 se répand un peu partout dans l’arrondissement une épidémie de vols d’engins de chantier. Et c’est du lourd, car ces engins sont du type Manitou, engins de levage, ou chargeurs télescopiques.
Une dizaine de vols sont ainsi constatés, à Thimister, Herve, Olne, Battice, Verviers, sur le chantier du grand Théâtre, et même à Liège, sur le chantier du tram. « Il y aurait potentiellement pour des centaines de milliers d’euros, de quoi mettre une entreprise par terre. Heureusement, il n’en est rien, puisqu’on a pu retrouver sept engins, seuls trois manquent » » constate le juge Defechereux en ouvrant le procès mis à charge de cinq individus pour vols et association de malfaiteurs, qu’il qualifiera à plusieurs reprises de Pieds nickelés.
Le vol d'engins de chantier, une spécialité
C’est grâce à la zone de police du Pays de Herve qu’on a pu coincer ces cinq individus impliqués dans ces vols. Elle a pu en effet relever sur les images de caméras de surveillance la plaque d’immatriculation d’un véhicule suspect. A partir de là, on a pu remonter par l’examen des bornes téléphoniques la présence ou des contacts entre eux de ces suspects. Parmi eux, un certain Michaël, un Verviétois de 45 ans, déjà bien connu de la justice puisqu’il compte sur son casier une vingtaine de condamnations dont certaines déjà pour vols d’engins de chantier dont il semble s’être fait une spécialité. Les quatre autres sont des jeunes hommes tous d’origine turque âgés de 20 à 25 ans et domiciliés à Dison ou à Verviers.
Pour rendre service
Les voici donc confrontés à un procès, où manque cependant le principal acteur, Michaël surnommé Pizza par ses complices, disparu dans la nature depuis un certain temps déjà. On apprend aussi que d’autres personnes étaient également impliquées, mais ont bénéficié d’un non-lieu en Chambre du Conseil. Parmi les quatre autres prévenus, il y en a un qui est encore détenu, mais pas pour ce fait. Il est en effet impliqué dans une énorme affaire d’escroquerie encore en cours d’instruction et qui concerne une bonne trentaine de personnes, dont dix sont encore détenus.
L’un prétend qu’il n’avait fait que conduire Michaël sur des lieux sans savoir ce qu’il y faisait, pour rendre service, sans plus ! En pleine nuit ? Et pourquoi dès lors le faire à plusieurs reprises, alors qu’il dit n’avoir rien touché du dédommagement qui lui était promis. « On m’a dit que je toucherais le tout en une fois. Il n’était pas écrit sur son front qu’il allait voler. » Il a pourtant reconnu lors d’une audition à la police qu’il savait que Michaël allait là pour voler.
Pour l'adrénaline
Idem pour les trois autres, qui disent avoir été embauchés pour faire le guet, sans plus. « Je n’ai rien cassé, rien volé, et surtout rien touché puisque aucun engin volé n’a pu être revendu » se défendra un autre. « C’était pour l’adrénaline » dira l’un d’eux. « Pour ça, il y a mieux, le saut à l’élastique par exemple » réplique le juge.
Pour Mme Wery, ministère public, leurs déclarations sont à géométrie variable. Elle réclame 3 ans de prison ferme pour Michaël et des peines allant de 15 mois à 20 mois pour ses comparses. Jugement dans un mois
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