C’est un cas vraiment particulier et délicat humainement que le tribunal correctionnel a à juger. Un homme de 57 ans, retraité de l’armée, est accusé de voyeurisme à l’égard de garçons adolescents.
L’audition de Patrick (nom d’emprunt) a elle seule aura pris toute une audience. Ce qu’on lui reproche, c’est d’avoir pris et conservé quelques photos essentiellement de deux ados, nus ou en maillot qu’il fréquentait, des enfants d’amis. Car l’homme était coach d’une équipe de foot.
Pas eu la chance d'avoir des enfants
Le procès commence par l’expertise psychologique de Patrick, qui le dépeint comme étant atteint d’éphébophilie à tendance paraphilique. Il s’en défend avec force : « Je ne suis pas un pédophile, l’entretien avec le psychologue était très orienté, je n’ai aucune attirance sexuelle pour les jeunes garçons. Mais j’aimais leur compagnie, peut-être parce que je n’avais pas eu la chance d’avoir d’enfants. Alors, je faisais avec eux des activités sportives, du foot, du vélo, du karting, ou en emmenais au Standard. Eh oui, j’ai fait la connerie de prendre quelques photos de deux d’entre eux sous la douche. Pas par attirance ou excitation sexuelle, mais j’avais du plaisir à les regarder, c’est tout. C’était normal pour moi. Je n’ai rien à cacher. Je voulais juste être un bon copain bienveillant avec eux. J’étais perçu par eux comme un parrain, un tonton ou un coach.»
Des messages très affectueux
Il a quand même tout fait pour cacher à son épouse la relation qu’il avait avec Thomas (nom d’emprunt) 14 ans. Pourquoi ? « Tout simplement parce qu’elle était en pétard avec les parents de Thomas, et n’aurait pas admis que je m’occupe de leur fils. Les autres parents aimaient bien que je m’occupe de leur enfant, en pleine période de Covid. »
Mais il y a aussi des messages avec Thomas un peu trop affectueux, où il dit notamment qu’il l’adorait. « Non, je n’étais pas amoureux de lui, mais très attaché à lui, car c’est un chouette gamin, c’est tout. Mais j’admets après coup que j’ai été trop loin avec les photos »
Un autre aspect du dossier, sur lequel curieusement on semble glisser très vite, c’est la plainte de deux autres gamins qui disent qu’il s’est introduit dans leur lit alors qu’ils dormaient chez lui, et les aurait caressés. Ce qu’il réfute : « Jamais de la vie, je n’ai jamais fait le moindre geste sexuel avec aucun garçon ».
Un garçon se dit détruit
Puis on entend Thomas, partie civile, qui sur un ton pathétique dit qu’il avait 14 ans à l’époque, et qu’il avait dû vivre avec ça pendant des années, qu’il avait été détruit. La suite du procès a été postposée à une audience en juin, avec le réquisitoire et les plaidoiries.
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