À Verviers, l'Agora Patrice Lumumba est désormais une réalité. Inauguré ce 30 juin, au cœur de la place Général Jacques, ce nouvel espace de mémoire marque une étape forte dans la réflexion sur le passé colonial et la décolonisation de l'espace public.
Le choix du 30 juin est tout sauf anodin. Ce jour-là, en 1960, le Congo brisait les chaînes de près de quatre-vingts années de domination coloniale belge pour accéder à l'indépendance. Pour des millions de Congolais, cette date dépasse largement le cadre politique : elle symbolise la liberté retrouvée, la dignité reconquise et le droit d'écrire enfin leur propre histoire.
En inaugurant hier soir l'Agora Patrice Lumumba à cette date hautement symbolique, Verviers rend hommage à l'homme qui incarne ce combat. Premier chef du gouvernement du Congo indépendant, Patrice Lumumba reste l'une des figures les plus marquantes de la lutte anticoloniale. La présence de ses petits-enfants a conféré à cette cérémonie une dimension particulièrement émouvante.
L'Agora Patrice Lumumba, premier acte d'une mémoire réinventée
Cette inauguration ne se résume pas à une nouvelle appellation sur une place. Elle concrétise plusieurs années de réflexion menées par un groupe de concertation citoyenne chargé de repenser la place de l'histoire coloniale dans l'espace public verviétois.
En 2025, ce collectif remettait à la Ville un mémorandum proposant des actions concrètes pour mieux contextualiser le patrimoine local et donner une visibilité aux mémoires longtemps ignorées. L'Agora Patrice Lumumba en est la première réalisation. L'objectif n'est pas de réécrire l'Histoire, mais de la raconter dans toute sa complexité.
Une soirée entre mémoire, débats et célébration
Après l'inauguration officielle, la place Général Jacques est devenue un lieu de rencontre. Associations, citoyens et militants engagés contre le racisme et pour la décolonisation ont multiplié les prises de parole, rappelant que le devoir de mémoire reste un enjeu bien actuel.
Le Centre culturel Bana Congo, le Comité Verviers-Palestine et le Collectif Mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations de Bruxelles ont partagé leurs réflexions, avant qu'une performance mêlant poésie et résistance ne laisse place à un moment plus festif. Les percussions des djembés africains et le concert acoustique de l'artiste congolais Ange Nawasadio ont clôturé la soirée dans une ambiance chaleureuse.
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