La première modification budgétaire a divisé le conseil communal hier soir à Spa. En cause : un crédit de 3,6 millions d’euros pour l’achat du « Britannique » et de la « Maison Blanche ».
La première modification du budget 2026 maintient l’équilibre à l’ordinaire tout en réduisant le crédit spécial de recettes. Mais le principal changement concerne bien cette acquisition immobilière majeure. Le fonds extraordinaire est d’ailleurs entièrement mobilisé pour financer l’opération, malgré l’apport de la vente d’un terrain voisin et des bonis des exercices antérieurs.
Pour la majorité MRuc – Pluriel !, il s’agit d’une opportunité qu’il serait dangereux de laisser passer. Elle défend une vision à long terme : sauver des bâtiments historiques, éviter leur dégradation et préparer une réorganisation des infrastructures publiques de la ville. « Ne pas agir aujourd’hui coûtera plus cher demain », résume la majorité, qui présente cette acquisition comme un investissement structurant pour l’avenir de Spa.
L’opposition dénonce un projet sans visibilité
Mais par la voix du conseiller Frank Gazzard, l’opposition Alternative-plus dénonce l’absence de visibilité sur le coût réel du dossier. Car les 3,6 millions d’euros ne concernent que l’achat des bâtiments. À cela s’ajouteront les rénovations, les aménagements, les mises aux normes énergétiques et les coûts liés aux futurs déménagements des services. Et c’est précisément cette mécanique que Frank Gazzard a qualifiée de « grand carrousel immobilier ».
Selon les scénarios évoqués, l’opération entraînerait une cascade de déplacements : certains services administratifs devraient être relocalisés, le musée pourrait déménager, tout comme l’académie ou d’autres structures communales. Pour l’opposition Alternative-plus, la Ville s’engage dans une succession de transferts coûteux sans disposer d’un plan global suffisamment détaillé.
La majorité MRuc – Pluriel ! rejette ces critiques et insiste sur la nécessité d’anticiper l’avenir de la ville thermale. Elle rappelle que les acquisitions immobilières de cette ampleur exigent justement d’agir rapidement afin de ne pas perdre des biens jugés stratégiques.
Récréaspa : le débat social s’invite au conseil
Mais le débat ne s’est pas limité à la pierre. Le dossier Récréaspa est venu ajouter une dimension sociale particulièrement sensible à la discussion. La conseillère Alternative-plus Claire Girout a dénoncé les conditions de travail au sein de l’accueil extrascolaire communal, où une partie importante du personnel travaille sous statut ALE (Agence Locale pour l’Emploi).
Les critiques se sont concentrées sur le complément de rémunération accordé aux accueillantes : 4,10 euros de l’heure. Une somme jugée indigne des responsabilités assumées quotidiennement auprès des enfants.
Pour plusieurs élus de la minorité, la Ville trouve plusieurs millions pour investir dans l’immobilier, mais continue de fonctionner avec du personnel précaire dans un secteur essentiel. La majorité a rappelé les contraintes financières et réglementaires qui encadrent le fonctionnement de l’extrascolaire, tout en assurant vouloir maintenir un service de qualité.
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