Aujourd'hui, les producteurs de pommes de terre traversent une crise sans précédent. Leurs hangars abritent toujours une grande quantité de production qu'il n'arrive pas à vendre. Alors certains ont pris la décision de donner. A Malmedy notamment.
Les sacs se remplissent, les uns après les autres. À Malmedy, la scène a de quoi surprendre : des pommes de terre distribuées gratuitement. Habituellement, le maraîcher Pontager vend celles d’un confrère. Mais aujourd’hui, il les offre.
« On trouve ça super, confie une cliente. Avec la conjoncture actuelle, ça nous permet de faire des petites économies Mais je comprends aussi que les gens qui travaillent la terre devraient être payés.
Une bonne affaire... au goût amer
Parmi les habitués, le constat est amer: « C'est très bien pour moi, mais c'est dramatique dans les faits. On surproduit un peu partout. On n'arrive plus a écouler sur place, ni à exporter, à la vendre. Les pommes de terre ne valent plus rien et elles nous sont offertes. Alors oui, c'est un plus dans l'immédiat, mais pour l'avenir on est mal barré ».
Surproduction et chute des prix
L'an passé, la récolte de pommes de terre a été exceptionnelle. Trop exceptionnelle, partout en Europe. Résultat: des surplus massifs, des prix qui s'effondrent... Plutôt que de jeter, l'agriculteur malmédien Raphaël Grodent a donc préféré donner: «Le geste n'est pas difficile. La difficulté c'est de voir que durant l'année, on on a vendu très peu. Il y a beaucoup de concurrence et des prix assez bas. Même en local et et en bio.»
En 13 ans, il n'a jamais connu ça
A Lierneux, Quentin Goffinet prépare la prochaine saison. Mais dans ses frigos, des centaines de kilos restent invendus. Et continuent de consommer de l'énergie. Impossible pour lui d'assumer le coût supplémentaire d'ensacher, de transporter les pommes de terre pour ensuite les donner. Une partie de la production alimentera le bétail. Une situation inédite pour ce producteur spécialisé en plants de pommes de terre depuis 13 ans. Il n'a jamais connu ça.
"Les agriculteurs paient la casse"
« Suite à un léger recul des exportations, les quelques grandes usines belges se retrouvent parfois à l'arrêt parce qu'il y a beaucoup trop de pommes de terre, détaille Quentin Goffinet. Ce sont ces grosses société qui ont incité les agriculteurs à produire beaucoup plus, pour alimenter leur industrie. Mais aujourd'hui, l'excédent, ce sont les agriculteurs qui vont payer la casse ».
Consommer local, un geste plus utile que jamais
Pour lui, la nouvelle récolte 2026 est déjà impactée par ces surplus. Il faudra attendre au minimum 2 ans pour espérer un retour à l'équilibre.
En Belgique, 85% des pommes de terre produites sont transformées, notamment en frites surgelées dont nous sommes le premier exportateur mondial.
Pour soutenir nos producteurs face à cette crise, consommez local et n'hésitez pas à leur acheter un grand volume d'une vingtaine de kilos à la fin de l'été, elles se conserveront jusqu'à mai dans un lieu frais.
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