Salle comble mardi soir à Verviers. Le projet de construction d'un nouveau quartier de 280 logements à Heusy entre les rues Jean Gôme, Au Sawhé et l’avenue du Chêne a été présenté aux riverains lors de la Réunion d’Information Préalable (RIP).
Ils sont une centaine à s’être déplacés. Les habitants d’Heusy sont venus en nombre écouter le promoteur Julien Collard détailler son projet : créer un nouveau quartier résidentiel de 280 logements sur 10 hectares de terrain à bâtir, enclavé entre les rues Jean Gôme, Au Sawhé et l’avenue du Chêne.
Un quartier structuré autour de deux pôles
« Le premier geste, ça a été de créer une zone tampon végétalisée entre les habitations existantes et la zone centrale. C'est dans cette zone que va se développer le projet, indique Manon Gerardy, chef de projet chez Luc Spits Architecture. On a ensuite placé les zones les plus denses autour de deux pôles structurants : un situé au nord du site, aux abords des terrains de sport de l’internat, et un dans la zone centrale. On a ensuite une voirie traversante qui vient relier ces deux pôles et, enfin, les maisons viennent s'implanter le long de cette voirie. »
Concrètement, le projet prévoit 126 maisons et logements familiaux avec rez-de-jardin ainsi que 154 appartements répartis dans neuf immeubles. L’ensemble serait implanté à une distance minimale de 95 mètres des maisons existantes. Un chiffre qui ne rassure pas certains riverains présents.
« Un projet démentiel »
« Je pense que c'est un projet complètement démentiel. 280 habitations dans un petit village. Il y a actuellement 6.000 habitants à Heusy. On veut amener 1.200 personnes en plus. Les écoles, les crèches, les services sociaux, culturels… Est-ce qu'on va développer tout ça ? Non, bien sûr. De même pour la mobilité, les routes, rien ne sera fait », soutient le riverain Stéphan Lejeune.
La mobilité au cœur des inquiétudes
Sans surprise, la question de la mobilité est revenue plusieurs fois dans les interpellations. Une étude de mobilité préalable a été réalisée. Mais dans la salle, beaucoup jugent ses projections trop optimistes, notamment concernant le nombre de véhicules supplémentaires aux heures de pointe. Reste que les recommandations de cette étude ont été intégrées au projet :
- un seul axe d’entrée et de sortie via l’avenue du Chêne et la rue Au Sawhé ;
- deux voiries secondaires internes ;
- cinq connexions piétonnes vers les rues voisines.
Le promoteur se veut rassurant
« Au niveau de la mobilité, on a payé une étude indépendante qui stipule qu'on a seulement une augmentation de l'ordre de 2 % sur la voirie régionale. Donc ce n'est vraiment pas grand-chose. On n'est pas du tout en saturation. Vu la capacité de la voirie, on est encore très large, explique Julien Collard, administrateur de la SRL Grand Chêne. En termes de ruissellement des eaux, aujourd’hui, on a une prairie complètement vierge de toute plantation, de toute habitation, et donc l'eau ruisselle dans les égouts. On va améliorer la situation avec des bassins d'orage, des bassins tampons, des noues.»
Trop de projets à Heusy ?
Au cours de la soirée, une inquiétude plus large s’est exprimée : celle d’une multiplication des projets immobiliers à Heusy et dans les environs. Plusieurs habitants appellent les autorités communales à adopter une vision globale et cohérente du développement. « Les dernières études qui sont sorties montrent qu'il y a une stagnation, voire une légère diminution de la population sur l'arrondissement de Verviers. Au niveau de la pyramide des âges, tous les baby-boomers arrivent en fin de vie, donc énormément de logements vont arriver sur le marché. Or, il faut savoir que la première priorité du Schéma de développement territorial, tout en haut de l'aménagement du territoire, c'est le “Stop béton”. Sachant qu'on va avoir une demande en logement qui va être de plus en plus basse, commencer à artificialiser des terrains sans être certain que ça répond à une offre, ça me pose question », soutient le riverain Benjamin Robinson.
Un cadre légal qui va évoluer
Sur le plan réglementaire, le projet s’inscrit dans le cadre actuel. Le schéma de développement communal autorise jusqu’à 40 logements par hectare dans cette zone, soit 400 logements au maximum. Selon le Schéma de Développement du Territoire de la Région wallonne, le site se situe dans une centralité où la densification de l’habitat est encouragée. Mais un nouveau schéma de développement communal est en cours d’élaboration. Et il pourrait, à terme, rebattre les cartes.
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